Les violences se poursuivent jour après jour en Syrie, après le rejet d’une résolution à l’ONU, samedi. Selon Fabrice Balanche, membre du Groupe de recherches et d’étude sur la Méditerranée et le Moyen-Orient et spécialiste de la Syrie, la communauté internationale ne peut désormais plus se tourner vers les Nations unies pour sanctionner voire faire tomber le régime.
Elle ne peut rien faire! Les pays ne vont pas retourner devant l’ONU et risquer une nouvelle fois un rejet. De toute façon, la Russie a prévenu que si elle devait mettre son veto 20 fois, elle le mettrait 20 fois. La communauté internationale a déjà subi un véritable camouflet, ce n’est pas la peine de se ridiculiser davantage.
Si, on peut très bien lancer une attaque militaire, sans appui des Nations unies, comme cela a été le cas en Irak. Mais qui le fera? Certainement pas la France, ni les Etats-Unis, qui sont en année électorale. Les pays du Golfe, eux, ont une armée trop faible, surtout composée de mercenaires.
Il y a deux solutions. Soit on veut faire tomber le régime très rapidement et on lance une attaque militaire – c’est ce que voudraient, je pense, le Qatar et les pétromonarchies du Golfe. Ou alors, on se dit qu’on laisse faire la politique et on attend que le régime tombe de lui-même, peut-être dans deux ou trois ans.
A continuer à soutenir l’opposition syrienne à l’étranger. Le souci, c’est que cette opposition n’a aucun crédit, ni aucun relai à l’intérieur du pays. Il s’agit parfois de personnes exilées, qui ne connaissent rien à la Syrie. Et ces gens racontent n’importent quoi: on a entendu que le régime d’al-Assad allait tomber en trois semaines, que Damas était sur le point de tomber dans les mains des opposants… Tout était faux. Ils prennent leurs délires pour des réalités.
On peut entendre sa phrase de plusieurs façons. Mais Bachar al-Assad ne voulait certainement pas dire qu’il va soudainement rappeler son armée et ordonner la fin de la répression. Je pense que dans sa bouche, cela signifie qu’il va mettre fin à la tuerie menée selon lui par l’opposition. Cela veut dire en quelque sorte «Je vais gagner, je vais mettre de l’ordre».