Attaque chimique en Syrie: Les Etats-Unis durcissent le ton contre Bachar al-Assad

SYRIE Donald Trump a aussi mis en cause Barack Obama pour sa « faiblesse » face au régime syrien…

M.C. avec AFP

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Donald Trump à Washington, le 4 avril 2017.

Donald Trump à Washington, le 4 avril 2017. — WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les puissances occidentales durcissent le ton face à Bachar al-Assad. La Maison Blanche a dénoncé mardi avec fermeté l’attaque chimique meurtrière menée dans le nord-ouest de la Syrie, tenant le président syrien pour responsable de cet « acte odieux ». Parallèlement, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont présenté aux Nations Unies une résolution condamnant l’attaque.

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La déclaration de la Maison Blanche s’est cependant accompagnée une nouvelle fois d’un appel à reconnaître la « réalité politique » en Syrie, illustrant le désarroi de Donald Trump face à une guerre qui a déjà fait plus de 320.000 morts.

Quiconque utilise des armes chimiques « doit rendre des comptes »

« L’attaque chimique perpétrée aujourd’hui en Syrie contre des innocents, y compris des femmes et des enfants, est répréhensible et ne peut être ignorée par le monde civilisé », a déclaré le président américain dans un communiqué – tardif par rapport aux réactions outrées d’autres capitales.

Son secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a prévenu de son côté que Bachar al-Assad devait « rendre des comptes » pour les attaques chimiques de son régime et a exhorté la Russie et l’Iran à mettre au pas leur allié.

« Nous appelons la Russie et l’Iran, une fois encore, à exercer leur influence sur le régime syrien pour garantir que ce genre d’attaque atroce n’ait plus jamais lieu », a déclaré le chef de la diplomatie américain. « Quiconque utilise des armes chimiques pour attaquer son propre peuple montre un mépris fondamental pour la décence humaine et doit rendre des comptes », a-t-il ajouté.

Une position confuse

Il y a quelques jours, Rex Tillerson avait pourtant affirmé que le sort du président Assad devait être décidé par « le peuple syrien », une approche mise en avant de longue date par Moscou, qui soutient le régime en place à Damas. Le secrétaire d’Etat doit se rendre en Russie la semaine prochaine.

Cette attaque aérienne sur Khan Cheikhoun, petite ville de la province d’Idleb, a fait au moins 58 morts et quelque 170 blessés et a provoqué une vague d’indignation internationale. L’armée syrienne a démenti catégoriquement toute implication.

Au Congrès, nombre d’élus, notamment au sein du parti républicain, ont appelé Donald Trump à clarifier la politique syrienne de l’administration, qui a mis jusqu’à présent davantage l’accent sur la lutte contre Daesh, déjà sur la défensive face aux assauts des forces locales appuyées par Washington.

Trump s'en prend à Obama

A défaut d’annoncer une nouvelle stratégie face au chaos syrien, Donald Trump a choisi pour l’heure de s’en prendre à celle de son prédécesseur. L’attaque de mardi est « la conséquence de la faiblesse et du manque de détermination » de l’administration précédente, a lancé le milliardaire, évoquant la « ligne rouge » que Barack Obama avait lui-même fixée avant de, finalement, « ne rien faire ».

Après une attaque à l’arme chimique qui avait fait plusieurs centaines de morts en Syrie, le président démocrate avait annoncé en septembre 2013 que les Etats-Unis étaient prêts à frapper des cibles du régime syrien.

Mais, à la surprise générale, il faisait aussi part de sa décision de soumettre cette décision à un vote du Congrès, écartant de facto une action militaire à court terme. Le vote, qui s’annonçait extrêmement difficile, n’eut finalement pas lieu et les frappes furent abandonnées après une proposition russe de destruction des armes chimiques syriennes. Barack Obama a toujours rejeté les nombreuses critiques dont il faisait l’objet sur ce dossier, jugeant qu’il ne disposait d’aucune solution satisfaisante.