Syrie: Le point sur «l'attaque chimique» qui a fait au moins 72 morts et plusieurs centaines de blessés

CONFLIT « 20 Minutes » résume ce que l’on sait sur « l’attaque chimique » à Khan Cheikhoun…

Manon Aublanc

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Le raid aérien a fait 58 morts dont 11 enfants, dans la ville de Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017.

Le raid aérien a fait 58 morts dont 11 enfants, dans la ville de Khan Cheikhoun, le 4 avril 2017. — Msallam ABDALBASET / AFP

L’opposition syrienne a accusé le régime de Bachar al-Assad d’avoir mené une attaque « chimique », mardi matin, qui a fait au moins 72 morts et près de 400 blessés selon l’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

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Que s’est-il passé ?

Au moins 72 personnes seraient mortes, dans la ville de Khan Cheikhoun dans la province d’Idleb, lors d’un raid aérien qui a émis du « gaz toxique », selon l’OSDH, qui avait auparavant rapporté un bilan de 58 morts.

« Il y a également 17 femmes parmi les victimes et le bilan pourrait encore augmenter car il y a des personnes disparues », a précisé l’OSDH.L’Union des organisations de secours et soins médicaux (UOSSM) a dénombré près de 400 blessés.

L’OSDH a indiqué que les personnes étaient décédées en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, mais il n’était pas en mesure de donner la nature de ce gaz. Des sources médicales dans la ville, citées par l’OSDH, ont également fait état d’évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des blessés. Il a par la suite rapporté que l’hôpital traitant les blessés avait été bombardé, provoquant d’importantes destructions et la fuite de médecins parmi les décombres.

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Qui est mis en cause ?

La Coalition nationale, importante composante de l’opposition syrienne, a accusé le régime d’avoir utilisé des « obus contenant du gaz chimique ». Elle a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU de « convoquer une réunion urgente (…) et d’ouvrir une enquête immédiate ». Le régime n’avait pas communiqué sur ces frappes à la mi-journée. L’OSDH, basé en Grande-Bretagne et disposant d’un vaste réseau de sources en  Syrie, n’était pas non plus en mesure de dire si les raids étaient le fait d’avions de l’armée syrienne ou de ceux de la Russie, alliée du régime.

La province d’Idleb, largement contrôlée par une alliance de rebelles et des djihadistes, est régulièrement la cible de frappes du régime, et de l’aviation russe. Elle a également été touchée par des raids de la coalition anti-djihadiste dirigée par les Etats-Unis. Le gouvernement syrien dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320 000 morts depuis mars 2011. Il a ratifié la Convention sur l’interdiction des armes chimiques en 2013.

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Au lendemain de cette attaque, Moscou a déclaré que l’aviation syrienne a frappé un « entrepôt terroriste » contenant des « substances toxiques ». « Selon les données objectives du contrôle russe de l’espace aérien, l’aviation syrienne a frappé près de Khan Cheikhoun un grand entrepôt terroriste », a déclaré dans un communiqué le ministère russe de la Défense affirmant que cet entrepôt contenait des « substances toxiques ».

Quelles sont les réactions ?

L’opposition syrienne avait appelé ce mardi matin le Conseil de sécurité de l’ONU à ouvrir une « enquête immédiate » sur l’attaque menée, selon elle, par le régime de Bachar al-Assad dans le nord-ouest du pays.

Paris n’a pas tardé à réagir en demandant, ce mardi, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, après une « nouvelle attaque chimique particulièrement grave » en Syrie, a annoncé ce mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault : « Les premières informations font état d’un grand nombre de morts, y compris des enfants », a affirmé dans un communiqué le ministre, qui précise avoir « demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité ».

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré ce mardi à son homologue russe Vladimir Poutine, lors d’un entretien téléphonique, que l’attaque «  chimique » était « inhumaine » et menaçait le processus de paix, selon des responsables turcs : « Indiquant que ce type d’attaques inhumaines étaient inacceptables, le président Erdogan a souligné que celles-ci pouvaient risquer de gâcher tous les efforts fournis dans le cadre du processus d’Astana » visant à une fin du conflit, ont indiqué sous anonymat ces responsables au sein de la présidence turque.