Les quartiers rebelles d’Alep, assiégés depuis plus de quatre mois, sont toujours sous les bombes de l’armée syrienne, et la communauté internationale semble résignée à voir la ville tomber dans sa totalité entre les mains du régime selon les experts. Au total, 143 civils dont 19 enfants ont péri en une semaine de bombardements à l’artillerie et depuis les airs, dans Alep-Est, tandis que 16 autres civils, dont 10 enfants, ont été tués par les tirs rebelles dans Alep-Ouest contrôlé par le régime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Zones de contrôle d'Alep, chronologie de la bataille et bilan humanitaire de la partie Est de la ville, assiégée par le régime syrien
Zones de contrôle d'Alep, chronologie de la bataille et bilan humanitaire de la partie Est de la ville, assiégée par le régime syrien - THOMAS SAINT-CRICQ JOHN SAEKI JEAN MICHEL CORNU LAURENCE CHU / AFP

Impuissance

Il n’y a « aucun lieu sûr pour les enfants dans ce conflit », a affirmé l’ONG Save The Children, via sa représentante en Syrie Sonia Khush, en dénonçant les exactions des deux côtés du front, et notamment une attaque rebelle sur une école d’Alep-Ouest qui a tué au moins huit enfants dimanche.

En dépit des condamnations à l’étranger, la communauté internationale semble en tout cas impuissante à contrecarrer la détermination de Damas et de ses alliés russe et iranien à reconquérir l’ensemble d’Alep, principal front d’un conflit qui a fait plus de 300.000 morts en cinq ans et demi en Syrie.

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Et le dossier syrien ne semble pas mobiliser outre mesure le président américain élu. Dans sa deuxième interview mardi, au New York Times, Donald Trump a ainsi survolé cette question, assurant seulement, sans plus de précision, avoir « une perspective différente de tout le monde ».

Urgence

La France a annoncé qu’elle allait réunir début décembre les pays occidentaux et arabes soutenant l’opposition syrienne. Son chef de la diplomatie, Jean-Marc Ayrault a indiqué qu’il était « urgent de réagir », plus d’une semaine après le lancement par le régime de Bachar al-Assad d’une vaste offensive pour recapturer Alep-Est, où sont assiégés 250.000 civils, alors qu’une centaine de familles ont tenté de fuir les lieux.

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Pour Emile Hokayem, de l’International Institute for Strategic Studies, la chute d’Alep-Est semble en tout cas inéluctable : « A ce stade, on ne peut pas faire grand-chose », a-t-il regretté auprès de l’AFP : « Il y a eu un temps où on pouvait faire quelque chose pour Alep, (…) maintenant, c’est trop tard ».