L'arc de triomphe de Palmyre.
L'arc de triomphe de Palmyre. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le régime de Damas est entré ce jeudi à Palmyre. Appuyée par l’aviation russe, l’armée syrienne a pris d’assaut la ville contrôlée par Daesh, alors qu’à Genève, opposition et régime syriens observent une pause dans les pourparlers de paix.

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« Les forces du régime sont entrées dans Palmyre du côté sud-ouest, dans le quartier al-Gharf à l’issue de combats contre l’organisation Etat islamique », a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), précisant que l’armée avançait « lentement en raison des mines » plantées par les djihadistes, qui contrôlent la ville depuis près d’un an.

Ces derniers avaient ordonné plus tôt dans la journée aux quelque 15.000 civils encore présents d’évacuer « car des combats se déroulent désormais dans les faubourgs de la ville », selon l’Observatoire.

Progression à l’Est ?

Selon une source de sécurité syrienne et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), des forces prorégime ont également pris le contrôle du « triangle de Palmyre », une région au sud-ouest de Palmyre qui relie la ville à la fois à Damas et à Homs, troisième ville du pays.

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La reprise de cette ville pourrait permettre au régime de progresser plus à l’Est dans le désert syrien vers la frontière avec l’Irak, contrôlée par les djihadistes, auxquels la trêve des combats en Syrie décrétée le 27 février ne s’applique pas.

Depuis la prise en mai de la « Perle du désert », les djihadistes ont détruit de nombreux trésors archéologiques de sa cité antique classée au patrimoine mondial de l’Humanité.

Des temples reconstruits

Plus tôt dans la journée de jeudi, le directeur des Antiquités et des Musées de Syrie a assuré que deux temples détruits par Daesh seront reconstruits après la « libération prochaine » de la ville.

« Je suis tellement content que la libération (de Palmyre) approche (…), que le cauchemar prenne fin avant qu’il ne soit trop tard, c’est-à-dire que nous évitions une destruction totale de la ville antique », a declaré à Maamoun Abdelkarim.

Depuis la prise de Palmyre par Daesh, « combien de fois avons-nous eu les larmes aux yeux car nous nous sentions impuissants à sauver une civilisation menacée de disparaitre devant nos yeux », a-t-il ajouté.

Faire revenir Palmyre à la vie

En août, les djihadistes avaient détruit à l’explosif deux des plus beaux temples de Palmyre, ceux de Bêl et Baalshamin. Puis ils avaient réduit en poussière plusieurs tours funéraires et le célèbre Arc de triomphe.

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« C’est sûr et certain, nous allons reconstruire les deux temples (de Bêl et Baalshamin) sous la supervision de l’Unesco et d’autres organismes internationaux », a-t-il ajouté. « Nous sommes décidés à faire revenir la vie à Palmyre comme elle l’était auparavant ».

« La libération de Palmyre entrera dans l’Histoire, en tout cas dans celle du Moyen-Orient, car elle aura permis de sauver une civilisation menacée de disparition », a-t-il jugé. « Pour moi, c’est aussi important que la libération de la Normandie (en 1944) par les Alliés durant la Seconde guerre mondiale ».

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