Le président syrien Bachar al-Assad lors d'une interview avec l'Agence France Presse à Damas, le 11 février 2016.
Le président syrien Bachar al-Assad lors d'une interview avec l'Agence France Presse à Damas, le 11 février 2016. - JOSEPH EID / AFP

A quelques jours d'une trêve négociée entre les grandes puissances, les déclarations guerrières de Bachar al-Assad. Dans une interview à l'Agence France Presse, le président syrien a affirmé vouloir reconquérir toute la Syrie, quitte à mener de «longs» combats.

La reconquête de tout le territoire syrien, aujourd'hui divisé en secteurs contrôlés par le régime, par des rebelles ou par des djihadistes, «est un but que nous chercherons à atteindre sans hésitation», a déclaré le dirigeant lors de l'entretien réalisé à Damas.

Davantage  «d'effusion de sang, plus de souffrances, et un durcissement des positions»

Une position qui pourrait fragiliser la mise en oeuvre d'une cessation des hostilités censée entrer en vigueur d'ici une semaine en vertu d'un accord âprement négocié à Munich, dans le sud de l'Allemagne, entre les Etats-Unis, la Russie et leurs principaux alliés sur ce dossier - en dehors des parties syriennes. Si elle se confirmait sur le terrain, cette trêve constituerait un premier pas concret pour faire taire les armes dans cette guerre qui a fait 260.000 morts depuis 2011 et poussé des millions de personnes à l'exil.

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Bachar al-Assad «se fait des illusions s'il pense qu'il y a une solution militaire au conflit en Syrie», a réagi le porte-parole adjoint du département d'Etat, Mark Toner. «Tout ce à quoi nous pouvons nous attendre si le régime syrien continue à combattre, c'est plus d'effusion de sang, plus de souffrances, et un durcissement supplémentaire des positions des deux côtés», a-t-il estimé. «Il y a un processus que nous essayons de mettre en place et qui fournit un chemin pour éviter cela. Le régime doit le comprendre, que ce soit Assad ou ceux qui l'entourent», a encore ajouté le porte-parole.

«Le combat contre les rebelles peut être "long"»

Dans son interview, le président Assad a souligné sa détermination. «Depuis le début de la crise, nous croyons totalement aux négociations et à l'action politique. Cependant, négocier ne signifie pas qu'on arrête de combattre le terrorisme», a-t-il déclaré, ajoutant que le combat contre les rebelles pouvait être «long». Le pouvoir de Damas qualifie de «terroristes» tous ses opposants armés, qu'ils appartiennent à une tendance modérée ou à la mouvance djihadiste.

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Il s'agit de la première interview de Bachar al-Assad à un média depuis l'échec le mois dernier des pourparlers de Genève et le lancement par son armée au début du mois d'une vaste offensive dans la région d'Alep (nord) appuyée par les bombardements de l'aviation russe. Cette offensive, qui vise selon lui à «couper la route» d'approvisionnement des rebelles depuis la Turquie, a poussé des dizaines de milliers de Syriens à fuir les combats, suscitant l'inquiétude internationale face à un nouveau drame humanitaire.

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