Des Syriens attendent au point de passage d'Oncupinar, près de la ville de Kilis en Turquie, de pouvoir retourner en Syrie, le 9 février 2016
Des Syriens attendent au point de passage d'Oncupinar, près de la ville de Kilis en Turquie, de pouvoir retourner en Syrie, le 9 février 2016 - BULENT KILIC AFP

L’armée syrienne renforçait ce mercredi son contrôle dans la province d’Alep, au 10e jour d’une offensive qui a fait plus de 500 morts. Plusieurs dizaines de milliers de civils se retrouvent également bloqués à la frontière turque.

Depuis le début de l’offensive le 1er février, le régime appuyé par l’aviation russe, mais aussi le Hezbollah libanais et des miliciens iraniens a repris de nombreux secteurs et assiège les rebelles dans les quartiers Est de la ville d’Alep, faisant craindre pour le sort de quelque 350 000 civils.

Il progresse en outre vers Tall Rifaat, l’un des trois derniers fiefs des rebelles qui décrochent de certaines positions pour minimiser leurs pertes.

Plus de 30 000 personnes ont fui la province d’Alep depuis le 1er février

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un large réseau de sources en Syrie, 506 personnes ont été tuées en 10 jours dans la province d’Alep. Parmi elles figurent 89 civils dont 23 enfants tués par les raids russes, a précisé l’ONG. Au moins 143 combattants du côté du régime et 274 du côté des rebelles et djihadistes étrangers ont aussi péri.

A LIRE AUSSI >> Syrie : A la la frontière turque, des dizaines de milliers de réfugiés affluent

Un réfugié syrien Abdel Karim Bahloul, l’un des chanceux à pouvoir passer en Turquie avec un sac à dos et une valise, décrit une « situation horrible à Tall Rifaat et dans les villages du nord d’Alep ».

« Les enfants meurent sous les bombardements, de faim et de froid. Les gens sont sur les routes et n’ont nulle part où aller. Les frappes russes ont stoppé la vie à Tall Rifaat et dans d’autres villes. Il n’y a que sang, carnage et ruines », a-t-il ajouté.

Avec les combats, les raids et les destructions, des dizaines de milliers d’habitants ont fui leur foyer dans la province d’Alep en direction de la frontière turque, l’ONU évaluant leur nombre à 31 000 dont 80 % de femmes et d’enfants.

Réunion jeudi à Munich

La Turquie maintient fermé le poste-frontière d’Oncupinar, seul point de passage accessible entre le nord de la province d’Alep et la Turquie, qui reste toutefois ouvert pour des blessés, des malades et des convois d’aides.

Même si l’espoir d’un règlement politique du conflit est très ténu, des représentants de 17 pays et trois organisations se réunissent jeudi à Munich pour tenter de relancer le processus diplomatique après l’échec de Genève fin janvier.

Mots-clés :