Syrie: «Il faut cesser de prendre les hôpitaux pour cible»

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Publié le 16 septembre 2013.

SYRIE - Une coalition de 55 médecins reconnus, dont trois Prix Nobel, lance un appel ce lundi dans la revue The Lancet pour pouvoir accéder aux victimes syriennes et les soigner...

Avant la guerre, le système médical syrien était sophistiqué. Aujourd’hui, «d’horribles blessures restent sans soins, des femmes accouchent sans aide médicale, adultes et enfants sont opérés sans anesthésie. Les victimes de violences sexuelles n’ont personne vers qui se tourner. La population syrienne est exposée aux épidémies d’hépatite, de rougeole, de typhoïde et de diarrhée aiguë». C’est le constat que dressent ce lundi 55 médecins reconnus, issus de 25 pays, dans la prestigieuse revue médicale The Lancet.

15.000 médecins ont dû fuir à l’étranger

A l’heure où un consensus international émerge pour parvenir à détruire l’arsenal chimique syrien, ces médecins lancent un appel auprès du «gouvernement syrien et toutes les parties au conflit » afin de «respecter la neutralité médicale» et «cesser de prendre les hôpitaux et le personnel médical pour cible».

L’accès aux soins pour les victimes est devenu quasiment impossible: 37% des hôpitaux ont été détruits, et 20% sont sérieusement endommagés, selon l’ONU. Quelques 469 professionnels de santé sont emprisonnés, tandis que 15.000 médecins ont dû fuir à l’étranger. Avant la guerre, Alep comptait 5 000 médecins, il n’en resterait que 36.

«L’accès médical, pour l’instant, personne n’en parle!»

«En tant que médecins du monde entier, nous sommes horrifiés par l’ampleur de cette urgence», écrivent les 55 signataires de l’appel, dénonçant des «trahisons inadmissibles du principe de neutralité médicale».  C’est «au nom du serment d’Hippocrate» que le professeur de cancérologie et Directeur de l’Institut de recherche européen sur le cancer et l’environnement, Dominique Belpomme, cosigne le texte. Interrogé par 20 Minutes, il appelle, «sans prendre parti en faveur de tel ou tel camp, à interdire les armes chimiques, mais aussi à établir un cordon sanitaire et un corridor aérien afin de pouvoir apporter l’aide médicale nécessaire ». Hostile à une intervention en Syrie, qui «entraînerait encore des morts», il appelle également à assurer la sécurité des médecins sur place. «L’accès médical, pour l’instant, personne n’en parle! L’aspect sanitaire passe toujours derrière l’aspect politique. Il faut dire ''halte’’. C’est le sens de notre action», précise-t-il.

Trois médecins russes ont accepté de signer l’appel, prenant le risque de s’exposer publiquement dans leur pays, allié de la Syrie. Un Chinois figure également parmi les signataires du texte, qui se veut «apolitique» et aussi international que possible, en espérant susciter la même mobilisation internationale que pour les armes chimiques.

Faustine Vincent
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