Attaque chimique en Syrie: Un rapport pour rien

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Publié le 16 septembre 2013.

CRISE - Le rapport des inspecteurs de l’ONU arrive un peu tard, plus personne ne doutant qu’une attaque chimique a bien eu lieu en Syrie le 21 août, et un accord russo-américain ayant été conclu sur ce sujet le week-end dernier...

Le secrétaire général de l'ONU a présenté ce lundi le rapport des experts des Nations unies. Le document conclut à l'utilisation d'armes chimiques dans l'attaque du 21 août dans la banlieue de Damas, qui a fait plus de 1.400 morts. Les experts de l'ONU qui ont enquêté sur place ont trouvé des «preuves flagrantes et convaincantes» de l'utilisation de gaz sarin grâce à des «roquettes sol-sol» contenant la substance neurotoxique. Si aucune responsabilité n’est pointée, Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française, a estimé sur RTL que le texte «ne laisse aucun doute» sur son origine et «renforce la position de ceux qui ont dit que le régime est coupable. 

«Ce rapport était voué à une véritable inutilité, dans la mesure où le mandat donné aux experts des Nations unies n’était pas de désigner un responsable», rappelle Frédéric Encel, spécialiste du Moyen-Orient et auteur de Quelques idées reçues sur le monde contemporain (éd. Autrement). Le rapport onusien arrive en effet un peu tard, souligne le docteur en géopolitique. D’une part, «plus personne ne doutait qu’il s’agissait bien d’une attaque chimique», et d’autre part, un accord politique russo-américain visant à démanteler le stock d’armes chimiques du régime de Bachar al-Assad d'ici à mi-2014 a été conclu samedi à Genève, écartant l’éventualité d’une frappe militaire occidentale.

Plus d’armes chimiques, mais toujours des armes conventionnelles

«Même si les inspecteurs de l’ONU étaient allés plus loin que leur mandat, cela n’aurait rien changé, dans la mesure où la Russie comme les États-Unis ont engagé leur crédibilité diplomatique», affirme Frédéric Encel. Et ces derniers ont réaffirmé ce lundi qu’ils mettraient, à l’instar de la France et de la Grande-Bretagne, tout en œuvre pour parvenir à un texte de résolution «fort et contraignant» à l'ONU sur le désarmement chimique en Syrie. François Hollande comme le secrétaire d'Etat américain John Kerry, ont en effet menacé le régime de «conséquences» s'il ne respecte pas ses obligations et rappelé que la menace d'une action militaire restait «réelle».

«L’accord de Genève est très contraignant, et le timing défini est très serré. Cela sera difficilement tenable, mais le problème n’est pas là; l’objectif est qu’Assad n’utilise plus d’armes chimiques contre la population», explique Frédéric Encel, qui considère qu’en contrepartie, la Russie pourrait renforcer ses livraisons d’armement conventionnel à son allié. «Ce qui est problématique car si 1.400 personnes ont été tuées par des agents neurotoxiques le 21 août, la grande majorité des  110.000 morts du conflit syrien a été causée par des armes conventionnelles.»

* Bérénice Dubuc

 
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