Syrie: MSF «a constaté une intensification des bombardements»

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Publié le 10 janvier 2013.

Cécile Aslanian est responsable de projet à Médecins sans frontières (MSF), pour qui elle a passé trois mois à installer un troisième hôpital de campagne dans le nord de la Syrie, où le régime de Bachar Al-Assad continue de refuser toute aide humanitaire à la population.

Q: Quelle est la situation générale dans la zone que vous avez visitée, au nord d'Idlib?

R: «Il y a une vraie solidarité locale entre les habitants, on ne peut pas parler de famine. Mais beaucoup de familles sont des réfugiés, elles ont perdu leur maison dans des bombardements, ou ont perdu le support familial quand le père a été tué. Et il y a énormément de problèmes d'approvisionnement en produits de base, eau, nourriture, fioul pour se chauffer, c'est très compliqué. Très peu de personnes dorment dans la rue, là encore grâce à la solidarité locale.»

Q: Qu'en est-il des combats?

R: «On est allés dans plusieurs localités, des villes et des villages. Et les bombardements de l'armée sont totalement à l'aveugle. Par endroits, c'est des tirs de mortier quotidiens, parfois à heure fixe. C'est quotidien, totalement indiscriminé, ça tombe sur des écoles, des boulangeries, des habitations, dans la rue... Ce qu'on a constaté récemment, c'est également une intensification des bombardements, particulièrement les jours de beau temps (...) On entend le départ du mortier, et après quelques secondes ça tombe. Il y a eu des jours avec 20 tirs en 10 heures. Ca tape, puis un répit de 30 mn à une heure, puis ça retape. (...) On a l'impression que les gens calent leur vie en fonction de ça.»

Q: Avez-vous examiné, à MSF, des personnes qui auraient pu être touchées par des armes chimiques?

R: «Nous n'avons pas constaté de cas suspects dans notre zone. Les patients qu'on reçoit ont vraiment des blessures de guerre, des plaies avec éclats (d'obus), par balles, des personnes écrasées par des murs effondrés, beaucoup de fractures... (...) Il n'y a pas forcément une bonne prise en charge à la base, et les temps de transfert jusqu'à un hôpital équipé sont parfois très longs. Dans les zones les plus dangereuses, il y a un ciblage spécifique des hôpitaux par les bombardements. Ils ont quasiment tous été évacués, pour rouvrir dans des sous-sols (à l'abri des bombes), et ils changent régulièrement de place. Il y a un ciblage des hôpitaux, mais aussi des médecins, des boulangeries, des écoles où logent des réfugiés, bref là où on peut faire le maximum de dégâts.»

Propos recueillis par Marc BASTIAN

© 2013 AFP
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