Syrie: plus de 50 morts dans un double attentat près de Damas

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Publié le 28 novembre 2012.

Un attentat dans une banlieue de Damas mercredi a fait plus de 50 morts, le plus sanglant contre des civils depuis le début du conflit en Syrie, qui connaît un tournant avec les premiers tirs de missiles par les rebelles qui ont abattu en 24 heures deux appareil de l'armée.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins, a fait état de 54 morts et 120 blessés dans les attaques à la voiture piégée à Jaramana, localité favorable au régime de Bachar al-Assad où vivent en majorité des druzes et des chrétiens.

L'agence officielle syrienne Sana a parlé d'attentats suicide commis par des "terroristes", terme désignant les rebelles dans la terminologie officielle.

Selon un bilan provisoire du ministère de l'Intérieur, 34 personnes ont été tuées et 83 blessées dans ces attaques sur la place principale de cette localité au sud-est de Damas, précisant que des restes n'avaient pas été identifiés.

La Russie, un allié clé du régime de Damas, a condamné avec la plus grande fermeté ces attentats, des "crimes de terroristes que rien ne peut justifier", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

L'une des explosions a eu lieu près d'une station-service, où des bouts de chair humaine étaient visibles sur le sol, selon un journaliste de l'AFP.

"Que veulent-ils? Ils veulent tuer les enfants en route pour l'école?", a crié un habitant.

Les attaques se sont produites simultanément vers 06H30 (04H30 GMT) dans cette région cible de plusieurs attentats meurtriers ces derniers mois.

Les attentats n'ont pas été revendiqués dans l'immédiat mais la simultanéité des explosions et le recours aux voitures piégées fait penser au modus operandi des groupes islamistes de la mouvance d'Al-Qaïda.

Un autre attentat à la voiture piégée s'est produit à Basra Chams, une localité dans le sud du pays, mais aucun bilan n'était immédiatement disponible, selon l'OSDH et l'agence Sana.

Appareils abattus par des missiles

Les violences à travers la Syrie mercredi ont fait 122 morts, dont 77 civils, 24 soldats et 21 rebelles, selon un bilan provisoire de l'Observatoire.

La guerre, qui a fait en 20 mois plus de 40.000 morts selon l'OSDH, ne connaît pas de répit, avec des combats opposant rebelles et soldats en particulier à Idleb et Alep dans le nord.

Les insurgés cherchent à étendre leur contrôle sur le nord, le long des frontières turque et irakienne, alors que les troupes du régime tentent de neutraliser les rebelles dans une région allant du sud du pays via la capitale et jusqu'au nord-ouest, à Lattaquié.

Les rebelles ont abattu en moins de 24 heures deux appareils de l'armée en utilisant des missiles, selon l'OSDH, une première et un tournant dans le conflit.

Mercredi matin, ils ont fait exploser en vol un chasseur-bombardier dans le nord-ouest, selon un correspondant de l'AFP à la frontière syro-turque. L'appareil s'est écrasé dans une énorme explosion, provoquant un important panache de fumée.

L'avion abattu par un missile s'est écrasé à Daret Ezza, dans la province d'Alep, a précisé l'OSDH. Selon cette ONG et des témoins, un pilote a été fait prisonnier par les rebelles.

Mardi, les rebelles avaient abattu un hélicoptère avec un missile sol-air, près d'Alep.

L'utilisation des missiles sol-air est "un tournant significatif car le régime perd sa supériorité et ne peut plus utiliser sa puissance de feu contre les rebelles", a estimé Riad Kahwaji, expert à l'Institut d'analyse militaire pour le Moyen-Orient (Inegma).

L'un des chefs militaires de la rébellion, le général Ahmad Faj, avait déclaré la semaine dernière à l'AFP que les rebelles avaient récupéré des missiles sol-air lors de la prise de la Base 46 (nord-ouest).

En Turquie voisine, des experts de l'Otan ont entamé une tournée d'inspection des sites sur lesquels pourraient être installés les missiles Patriot dont le gouvernement turc a demandé le déploiement près de sa frontière avec la Syrie, se disant inquiète des risques de débordement du conflit syrien.

Par ailleurs, l'Union européenne a décidé de renouveler pour trois mois ses sanctions contre le régime syrien, selon des sources diplomatiques.

Depuis mars 2011, 181 personnes proches du régime de Bachar al-Assad et 54 sociétés ou administrations ont été placées sur les listes noires de l'UE. Leurs avoirs sont gelés et ils sont frappés d'interdictions de visa.

L'UE a également décrété des embargos sur les armes et le pétrole, ainsi qu'une série de sanctions commerciales et financières.

© 2012 AFP
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