Syrie: l'émissaire Brahimi débute sa mission, les violences font rage

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Publié le 13 septembre 2012.

Le nouvel émissaire international Lakhdar Brahimi a entamé jeudi sa première visite en Syrie, en soulignant que la crise dans le pays s'"aggravait", après 18 mois d'un conflit dévastateur.

Les violences ont encore fait 57 morts, dont 36 civils, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a fait état de bombardements de bastions rebelles et de combats acharnés, notamment à Alep, où les insurgés ont avancé vers le centre-ville.

A son arrivée à l'aéroport de Damas, M. Brahimi, qui a succédé le 1er septembre à Kofi Annan, démissionnaire, a qualifié de "sérieuse" la crise secouant la Syrie, ajoutant: "je pense qu'elle s'aggrave", selon des propos rapportés par l'agence officielle Sana.

"Tout le monde est d'accord pour souligner la nécessité d'arrêter l'effusion de sang (...) et nous espérons que nous réussirons" dans cette mission, a-t-il ajouté.

Au cours de sa visite, l'émissaire doit rencontrer le président Bachar al-Assad et des membres de l'opposition de l'intérieur, tolérée par le régime, selon son porte-parole, Ahmad Fawzi.

Il a d'ores et déjà eu jeudi soir un entretien avec le chef de la diplomatie Walid Mouallem, au cours duquel il a affirmé qu'il "n'épargnera aucun effort pour trouver une solution à la crise". Il a souligné que "le bien-être et la sécurité" du peuple syrien était sa "première priorité", selon un communiqué de l'ONU.

"Nous sommes confiants: M. Brahimi est à même de comprendre les développements (de la crise) et la manière de régler les problèmes malgré les complications", a affirmé le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Meqdad.

"Nous sommes optimistes et nous souhaitons à M. Brahimi tout le succès possible", a ajouté le responsable dont le régime ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et affirme combattre des "terroristes".

Bataille acharnée à Midane

Sur le terrain, à Alep (nord), théâtre d'une bataille stratégique depuis huit semaines, les rebelles, qui ont unifié leurs forces militaires dans la métropole, continuaient d'opposer une forte résistance, malgré les bombardements incessants de leurs bastions par l'armée.

En début d'après-midi, des hélicoptères de combat ont aussi longuement mitraillé certains quartiers, tirant à haute altitude, hors de portée des armes légères des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), selon un journaliste de l'AFP sur place.

Selon des habitants, les insurgés ont avancé à Midane, un quartier stratégique du centre qui ouvre l'accès à la principale place de la deuxième ville de Syrie.

D'après ces habitants, une bataille acharnée entre rebelles et soldats se déroulait autour de deux postes de police de ce quartier que ni l'armée, ni les rebelles ne contrôlent.

Un raid aérien a par ailleurs fait 11 morts dans le quartier de Tariq al-Bab (est), l'OSDH diffusant une vidéo où des corps, certains carbonisés, apparaissent posés dans des pick-up ou sur le trottoir.

"Le jour d'aujourd'hui est le pire que nous ayons vécu", a déclaré une infirmière dans un hôpital de campagne du quartier de Seif al-Dawla, où la plupart des blessés amenés étaient des civils.

Sur l'autre grand front, dans Damas et sa région, les bombardements étaient incessants sur les poches de résistance rebelles.

A Sayeda Zeinab, sept personnes, qui seraient des membres de comités populaires pro-régime, ont été tuées dans des combats et par des obus qui se sont abattus à quelques centaines de mètres de ce mausolée chiite.

"Le régime condamné" selon Londres

Selon le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague, le régime du président Assad est "condamné". "Tant de crimes ont été commis que (ce régime) ne devrait pas survivre", a-t-il jugé.

Le président égyptien Mohamed Morsi a réaffirmé pour sa part que M. Assad devait quitter le pouvoir car "il n'y a pas de place pour un président qui tue son peuple".

Alors que les rebelles ont réclamé à plusieurs reprises à la communauté internationale des armes, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a affirmé: "La France ne fournit pas et ne fournira pas d'armes à l'opposition syrienne".

Il a également jugé irréaliste la création de "zones d'exclusion aérienne" sur tout ou partie de la Syrie, comme le réclament des opposants syriens. "Une +no fly zone+ (...) signifie la mobilisation de tellement de moyens que nous sommes dans une situation de guerre", a-t-il dit.

Le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, avait de nouveau écarté mercredi une intervention militaire occidentale en l'absence d'un accord de la Russie et de la Chine, deux pays alliés du régime Assad qui bloquent toute action à l'ONU.

Depuis mars 2011, le conflit a fait plus de 27.000 morts, en majorité des civils, selon l'OSDH.

© 2012 AFP
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