Ukraine: affrontements et crise politique à la suite d'une loi controversée

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Publié le 4 juillet 2012.

KIEV - La police ukrainienne a tiré des gaz lacrymogènes sur des opposants qui manifestaient mercredi à Kiev contre une loi controversée sur la langue russe dans cette ex-république soviétique, poussant le président à convoquer les leaders du Parlement pour régler la crise politique.

Environ un millier de manifestants, venus à l'appel des partis d'opposition, notamment ceux de l'ex-Premier ministre emprisonnée Ioulia Timochenko et du célèbre boxeur Vitali Klitschko, se sont réunis devant un centre d'exposition dans le centre-ville.

Des centaines de policiers antiémeute ont été déployés autour de ce bâtiment où une grande conférence de presse du chef de l'Etat Viktor Ianoukovitch était prévue dans la matinée.

La police a commencé à repousser les protestataires de l'immeuble et des affrontements ont éclaté. Plusieurs manifestants et policiers ont été blessés et avaient du sang sur le visage.

Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes sur des dizaines de protestataires, notamment M. Klitschko. Le boxeur avait également une petite blessure à la main gauche, due selon lui au "jet d'une bouteille" par des inconnus.

Face à ce chaos, le président Ianoukovitch a fini par annuler sa conférence de presse et a convoqué les chefs des différents groupes au Parlement pour régler la crise au lendemain de l'adoption de la loi controversée.

Celle-ci élargit les droits d'utilisation des langues des minorités, dont le russe au niveau régional, ce qui revient de facto, selon l'opposition, à faire du russe la deuxième langue officielle en Ukraine.

"Je vous ai invité pour discuter de la situation de crise au Parlement", a déclaré le chef de l'Etat en ouvrant cette rencontre, après que le président du Parlement, Volodymyr Litvine, a annoncé sa démission.

M. Litvine, dont la démission doit encore être validée par un vote des députés, affirme avoir été "dupé" par un vice-président du Parlement qui a lancé la procédure de vote en son absence. "J'ai été dupé, l'Ukraine a été dupée", a-t-il dit, selon Interfax.

Face à cette situation, le président Ianoukovitch a brandi la menace de "législatives anticipées", alors que les élections parlementaires sont prévues fin octobre dans cette ex-république soviétique.

Aucun représentant de l'opposition n'est venu à la réunion convoquée par le président, pas même M. Litvine.

Ces événements interviennent trois jours après la fin de l'Euro-2012 de football co-organisé par l'Ukraine et perçu dans le pays comme un succès qui a amélioré son image, mise à mal notamment par l'affaire Timochenko.

L'adoption mardi en deuxième et dernière lecture de la loi sur la langue russe avait provoqué des empoignades entre une quarantaine de députés des deux camps --le Parti des régions, au pouvoir et favorable à la loi, et l'opposition, qui y est opposée.

Faire du russe la deuxième langue d'Etat était une des promesses électorales du président Ianoukovitch dont le parti est en position délicate, selon des sondages, à l'approche des législatives.

L'Ukraine compte une importante communauté russophone et le statut du russe ne cesse de provoquer des conflits dans cette ex-république soviétique de 46 millions d'habitants, située entre la Russie et l'Union européenne.

"Cette loi ne doit pas exister et les Ukrainiens ne la reconnaîtront jamais", a lancé Oleg Tiagnybok, leader du parti nationaliste Svoboda, lors de la protestation.

"La question de la langue est artificielle (...) on se comprend", peu importe qu'on parle russe ou ukrainien, a pour sa part déclaré à l'AFP M. Klitschko. "Ce n'est qu'une tentative du pouvoir de détourner l'attention de vrai problèmes", a-t-il ajouté.

© 2012 AFP
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