Israël maintient le flou sur le meurtre d'un responsable du Hamas en Syrie

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Publié le 28 juin 2012.

JERUSALEM - Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a maintenu jeudi le flou sur une éventuelle implication de son pays dans l'assassinat la veille en Syrie d'un cadre militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas qui a dit soupçonner le Mossad israélien.

"Je ne suis pas sûr que cela soit forcément vrai", a déclaré M. Barak à la radio militaire qui l'interrogeait sur un rôle des services de renseignements israéliens dans le meurtre de Kamal Hussein Ghannajé.

Il a encore indiqué qu'il n'allait pas pleurer la mort de ce responsable du Hamas qui n'était "pas l'un des plus vertueux de sa génération".

Ghannajé a été retrouvé assassiné mercredi dans la banlieue de Damas, a indiqué dans la nuit un responsable du Hamas au Liban, affirmant que des soupçons pesaient sur les services de renseignement israéliens.

D'après la même source, M. Ghannajé était l'un des adjoints de Mahmoud Al-Mabhouh, un cadre du Hamas retrouvé mort en janvier 2010 dans une chambre d'hôtel à Dubaï. La police de Dubaï avait alors accusé le Mossad du meurtre.

Le Hamas a reçu pendant de nombreuses années le soutien de la Syrie face à Israël. Le chef de son bureau politique, Khaled Mechaal, et d'autres responsables de l'instance, qui étaient basés à Damas, ont quitté la capitale syrienne à la suite de la répression de la révolte populaire par le régime.

De leur côté, les Comités locaux de coordination en Syrie ont accusé dans un communiqué le régime du président Bachar al-Assad et ses milices d'être derrière l'assassinat, soutenant que M. Ghannajé a été "torturé à mort".

"Personne ne savait qu'il était dans le pays à part les services de sécurité qui lui ont donné l'autorisation d'entrer", a affirmé à l'AFP Mohammed Hifaoui, un membre des LCC dans le camp de réfugiés palestiniens à Yarmouk, à Damas.

Cet assassinat est survenu alors que les violences ont gagné en intensité en Syrie notamment près de la capitale, plus de 15 mois après le début de la révolte contre le régime qui la réprime dans le sang.

M. Barak a en outre laissé entendre que la Russie aurait décidé de ne pas fournir d'armes sophistiquées supplémentaires à Damas, après la récente visite en Israël du président russe Vladimir Poutine.

"J'espère que de nouvelles armes ne parviendront pas à la Syrie notamment pour renforcer les systèmes de défense anti-aérienne", a-t-il affirmé. Selon lui, le président Poutine "écoute parfaitement ce que nous disons" sur le dossier, qui concerne notamment la livraison de missile sol-air de type S-300 à Damas.

Jugeant "inéluctable" la chute du régime Assad, il a néanmoins affirmé que "plus le temps passe, plus il sera difficile de stabiliser la situation en Syrie face aux forces qui sèment le chaos".

Des responsables militaires israéliens ont déjà évoqué le danger de voir Al-Qaïda s'implanter en Syrie.

Israël est officiellement en état de guerre avec la Syrie.

Malgré l'occupation et l'annexion par Israël du plateau syrien du Golan, une décision non reconnue par la communauté internationale, la frontière entre les deux pays n'a connu aucun incident notable depuis la fin de la guerre israélo-arabe en octobre 1973.

© 2012 AFP
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