La Russie refroidit les espoirs d'un accord sur la Syrie à Genève

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Publié le 28 juin 2012.

MOSCOU - La Russie a refroidi jeudi les espoirs d'un accord sur la Syrie à la réunion de Genève, en maintenant qu'elle ne soutiendrait aucune solution imposée, au lendemain de la présentation par l'émissaire de l'ONU Kofi Annan d'un plan prévoyant un gouvernement de transition.

"La Russie ne peut soutenir et ne soutiendra pas une quelconque recette imposée de l'extérieur", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse à Moscou à l'avant-veille de la réunion de Genève sur la Syrie.

Il s'agit de "favoriser le dialogue et non de préjuger des résultats de ce dialogue" entre Syriens, a-t-il ajouté.

Selon un diplomate de l'ONU, le plan Annan propose de réunir des partisans du régime de Damas et des membres de l'opposition dans un gouvernement de transition dont le président Bachar al-Assad pourrait être exclu.

Les commentaires de Moscou étaient très attendus, après que des diplomates ont affirmé mercredi à l'ONU que les grandes puissances, parmi lesquelles la Russie, soutenaient les propositions de M. Annan.

"Il n'y a pas de projet approuvé (pour la conférence de Genève), les travaux sur un possible document final se poursuivent", a souligné M. Lavrov.

Le plan de M. Annan doit être discuté samedi à Genève en présence notamment des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni).

Réagissant à l'annonce de ce plan, la principale coalition de l'opposition syrienne a fait savoir jeudi qu'elle refuserait de participer à tout gouvernement avant que le président Assad ne quitte le pouvoir.

Le sort de M. Assad "doit être décidé dans le cadre d'un dialogue syrien par le peuple syrien", a cependant souligné M. Lavrov.

"Les acteurs extérieurs ne doivent pas dicter leurs recettes aux Syriens, mais ils doivent avant tout exercer une influence sur toutes les parties en Syrie afin de mettre fin aux violences", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie russe avait démenti la semaine dernière toute inflexion de la position russe sur ce point, après que des dirigeants occidentaux eurent affirmé que Moscou préparait avec eux l'"après-Assad".

Le plan visant à obtenir le départ de Bachar al-Assad comme préalable à un règlement de la crise est "irréalisable", car celui-ci ne partira pas, avait affirmé M. Lavrov.

La Russie n'a jusqu'ici jamais voulu infléchir son soutien à son allié syrien auquel elle continue de livrer des armes, même si elle s'est défendue à plusieurs reprises de soutenir le pouvoir personnel de Bachar al-Assad.

Un responsable du Service fédéral russe de coopération militaire, cité par l'agence publique Ria Novosti, a du reste répété la détermination de Moscou à poursuivre ses livraisons d'armes malgré les critiques occidentales.

"La Syrie est notre amie, et nous remplissons tous nos engagements à l'égard de nos amis", a déclaré ce responsable, Alexandre Fomine. Il a en outre affirmé que la Russie livrerait les trois hélicoptères d'attaque Mi-25 dont l'acheminement par mer a été empêché la semaine dernière par les pressions occidentales.

M. Lavrov a par ailleurs regretté l'absence à Genève de l'Iran, le principal allié de la Syrie dans la région.

"L'Iran est un acteur influent dans cette situation, et je pense que le fait de tenir ce pays à l'écart de la rencontre de Genève est une erreur", a-t-il dit-il.

"La partie américaine, comme on le dit publiquement à Washington, est catégoriquement opposée à la participation de l'Iran. C'est un exemple de deux poids, deux mesures", a estimé M. Lavrov.

La révolte en Syrie et sa répression ont fait près de 16.000 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

© 2012 AFP
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