Russie: la pression s'accentue contre les figures de la contestation

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Publié le 26 juin 2012.

MOSCOU - Convocations, perquisitions, vérifications fiscales, sujets compromettants à la télévision : la pression s'accentue en Russie sur les leaders de la contestation du pouvoir de Vladimir Poutine, et l'un des plus déterminés d'entre eux, Alexeï Navalny, a été interrogé mardi.

Ce dernier a été convoqué au Comité d'enquête, équivalent du FBI américain, pour s'expliquer sur de présumés slogans extrémistes proférés lors de manifestations d'opposition les 5 et 24 décembre, après les législatives contestées par l'opposition.

Dans la nuit de lundi à mardi, son compte Twitter a de plus été piraté avec la diffusion de messages obscènes ou visant à le discréditer, des faits dont il a immédiatement accusé le Comité d'enquête.

"Il est clair que cela a été fait via les ordinateurs/Ipad, confisqués lors de la perquisition. Tel est le Comité d'enquête", a-t-il écrit sur son blog.

Il faisant référence aux perquisitions menées le 11 juin à son domicile et au bureau de son association anticorruption Rospil.

Les domiciles d'autres dirigeants d'opposition, Boris Nemtsov, Ilia Iachine et Ksenia Sobtchak avaient également été perquisitionnés la même semaine.

Dans le cadre de la perquisition chez Ksenia Sobtchak, les enquêteurs avaient trouvé plus d'un million d'euros en liquide, et ont indiqué vérifier si des impôts avaient été payés comme l'a affirmé l'ex-vedette de télévision.

Mardi, le Comité d'enquête russe a également indiqué avoir ouvert une enquête préliminaire contre le député Guennadi Goudkov, un des organisateurs des manifestations d'opposition, pour des accusations de fraude fiscale et de blanchiment lancées par un citoyen bulgare.

Ecarter du jeu les dirigeants du mouvement de protestation

Cette annonce fait suite à la diffusion samedi d'un reportage comprenant une interview du Bulgare accusant M. Goudkov sur la chaîne nationale NTV, contrôlée par le groupe public Gazprom et accoutumée à diffuser des informations attaquant l'opposition.

La chaîne a notamment affirmé à plusieurs reprises que l'opposition russe était financée par l'étranger, en particulier les Etats-Unis.

"On voit de plus en plus se dessiner la politique visant à 'buter jusque dans les chiottes' (une formule célèbre de Vladimir Poutine à l'égard des rebelles tchétchènes, ndlr) tous les opposants", a écrit sur son blog M. Goudkov, député du parti de centre-gauche Russie juste.

Cet ancien membre du KGB et son fils Dmitri, également député, ont aussi vu ces dernières semaines des descentes de police dans des sociétés de leur groupe de sécurité, dont des licences ont été retirées et des armes saisies.

M. Goudkov a annoncé qu'il allait porter plainte contre la chaîne NTV.

Alexeï Navalny a indiqué faire de même, sur le piratage de son compte Twitter.

Le Comité d'enquête l'a accusé en retour de tenter de faire pression sur l'enquête qui le vise, le menaçant de nouvelles poursuites.

M. Navalny est déjà visé par une enquête sur une manifestation le 6 mai à Moscou, qui s'était terminée par des heurts qui avaient fait plusieurs blessés parmi les participants et les policiers.

Lundi, il a accusé les autorités russes de chercher à obtenir par des pressions des témoignages à charge contre les dirigeants de l'opposition.

Un autre leader de la contestation, le journaliste Sergueï Parkhomenko, a affirmé après avoir lui aussi été interrogé que les questions visaient en particulier à rassembler des éléments à charge contre M. Navalny.

"On tente d'écarter du jeu les dirigeants les plus actifs du mouvement de protestation dans l'espoir que sans eux le mouvement s'effondre", a estimé l'analyste du centre Carnegie Andreï Riabov.

Enfin, un militant du mouvement d'opposition Autre Russie a demandé l'asile politique aux Pays-Bas, se disant victime de pressions et de filatures après sa participation aux manifestations, selon la radio Echo de Moscou.

© 2012 AFP
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