Syrie: Angela Merkel et Vladimir Poutine s'affichent unis pour une "solution politique"

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Publié le 1 juin 2012.

DIPLOMATIE - Le président russe et la chancelière allemande ont affiché leur unité...

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine ont affiché leur unité ce vendredi à Berlin sur une «solution politique» en Syrie où apparaissent des signes «précurseurs» de guerre civile, selon le dirigeant russe.

Vladmiri Poutine, qui a entamé début mai un troisième mandat de président après ceux de 2000 à 2008, a assuré qu'on ne pouvait «rien faire par la force» en Syrie où le récent massacre de Houla a soulevé l'indignation internationale.

«Nous sommes tombés d'accord (au cours de notre entretien) sur le fait que nous devons travailler de toutes nos forces à une solution politique», a souligné Angela Merkel, affirmant que leur vision de la situation sur place n'était «pas différente». Elle a souligné leur volonté commune d'assurer la stabilité de la région, semblant se démarquer des propos plus virulents de Washington à l'égard de la Russie.

«Sérieuses inquiétudes»

Américains et Russes se renvoyaient d'ailleurs la responsabilité des violences en Syrie où au moins 16 personnes ont encore été tuées vendredi, selon les défenseurs syriens des droits de l'homme. Malgré l'indéfectible soutien apporté au régime du président Bachar al-Assad par Moscou, Vladimir Poutine a assuré que son pays ne soutenait aucune des parties qui s'affrontent en Syrie et a démenti livrer des armes utilisables dans une guerre civile.

La chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, qui avait directement mis en cause les Russes jeudi, a au contraire accusé Moscou vendredi d'avoir livré des armes au régime syrien et a exprimé de «sérieuses inquiétudes» à ce sujet.

Réplique presque immédiate de Moscou : le massacre de Houla est le résultat de l'aide financière étrangère et de livraisons d'armes aux rebelles syriens, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Signes de guerre civile

Vladimir Poutine, qui effectue à Berlin et Paris ses premiers déplacements à l'étranger depufis son retour au Kremlin, après le Bélarus jeudi, a reconnu des signes «précurseurs» de guerre civile. «C'est extrêmement dangereux», a-t-il souligné, s'abstenant toutefois de toute déclaration sur un soutien au président Bachar al-Assad.

A plusieurs reprises, l'Allemagne a rejeté l'idée d'une intervention militaire en Syrie où le pouvoir mène une répression sanglante contre des opposants. Face à la «situation très difficile de la Syrie», la chancelière a assuré qu'il fallait «tout faire pour que le plan (de paix de Kofi) Annan soit appliqué et le cas échéant élargi». «Nous devons tout faire pour empêcher qu'on en vienne à une guerre civile» qui «n'est dans l'intérêt de personne», a-t-elle souligné.

Le président français, François Hollande, qui reçoit Vladimir Poutine dans la soirée, avait évoqué pour la première fois mardi l'hypothèse d'une intervention militaire étrangère en Syrie, sous condition toutefois d'un mandat explicite de l'ONU.

Attitude moins conciliante

L'ONU a mis en garde contre le risque d'une «guerre civile catastrophique» en Syrie après le massacre de Houla qui a fait 108 morts. Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé vendredi que le massacre de Houla pourrait être considéré comme «un crime contre l'humanité».

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a d'ailleurs accepté une résolution demandant à la commission d'enquête indépendante internationale sur la Syrie de mener une «enquête spéciale» sur ce massacre.

A Paris, le président russe fera connaissance avec François Hollande dont l'attitude devrait être moins conciliante que celle de la chancelière, selon des observateurs.

L'Allemagne a des intérêts importants en Russie dont elle est le principal partenaire commercial et dont elle dépend en grande partie pour son approvisionnement en gaz. Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont fortement accrus ces dernières années, en dépit des critiques visant Moscou en matière de droits de l'homme.

© 2012 AFP
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