Assad promet l'apaisement mais la violence continue en Syrie

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Publié le 7 février 2012.

CONFLIT - Occidentaux et pays arabes ont multiplié ce mardi les initiatives pour faire pression sur le gouvernement syrien, qui poursuit ses opérations de répression malgré ses promesses...

Des promesses qui ne convainquent pas les Occidentaux, alors que les violences continuent. La Russie a dit ce mardi avoir obtenu la promesse de Bachar al-Assad de mettre fin au bain de sang en Syrie, alors que les Occidentaux et les pays arabes multiplient les initiatives pour isoler le gouvernement syrien qui poursuit ses opérations de répression.

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Après le veto opposé samedi à l'ONUpar Moscou et Pékin à la résolution du Conseil de sécurité, et conformément à un plan de la Ligue arabe, le Kremlin a entamé une mission de médiation avec la visite de son ministre des Affaires étrangères à Damas. Sergueï Lavrov s'est entretenu avec Assad et a annoncé avoir obtenu l'assurance qu'il était «totalement déterminé à mettre fin aux violences d'où qu'elles viennent». Ces violences ont fait plus de 5.000 morts depuis 11 mois selon l'ONU, et à ouvrir la voie à une réforme constitutionnelle.

19 morts ce mardi à Homs

Sergueï Lavrov a ajouté qu'Assad était favorable à la poursuite et à l'expansion de la mission des observateurs de la Ligue arabe qualifiés d'«importants éléments stabilisateurs» dans le pays. La Russie est également «prête à aider à une sortie rapide de la crise sur la base des propositions contenues dans l'initiative de la Ligue arabe», a-t-il encore dit. L'autre initiative avancée par Bachar al Assad est un référendum sur une nouvelle Constitution, dont la date devrait être annoncée prochainement.

Des élections pluralistes dans lesquelles le parti Baas d'Assad ne disposerait d'aucun avantage auraient ensuite lieu, a assuré Lavrov sur la chaîne Rossïa-24. Ces propos n'ont rassuré ni les Occidentaux ni les Etats arabes, alarmés par la poursuite des bombardements menés par les forces de sécurité contre les insurgés à Homs et qui auraient fait 19 morts ce mardi, soit environ 300 en cinq jours. Des habitants ont également signalé des bombardements et des combats entre forces rebelles et troupes gouvernementales à Hama, un autre fief urbain de l'opposition anti-Assad.

Cette persistance de la répression a conduit les monarchies du Golfe à décider le retrait de leurs ambassadeurs de Syrie et l'expulsion des diplomates syriens sur leur territoire. Les Etats-Unis, qui se sont dits «sceptiques» envers ces promesses d'Assad à la Russie, ont indiqué ce mardi soir qu'ils souhaitent continuer d'«exercer les pressions nécessaires» , et envisagent de «fournir une aide humanitaire aux Syriens», sans donner plus de précisions.

Nouveau train de sanctions financières

Après la Belgique et la Grande-Bretagne, l'Italie et la France ont rappelé ce mardi leur ambassadeur pour consultations. Lundi, les Etats-Unis avaient annoncé la fermeture de leur ambassade à Damas et le raptatriement de tout le personnel en raison de l'insécurité. A Bruxelles, l'Union européenne prépare un nouveau train de sanctions financières à l'encontre de Damas, qui inclurait un gel des actifs de la Banque centrale et une interdiction des transactions avec elle, selon deux diplomates européens.

Les discussions n'en sont encore qu'à un stade technique et ces mesures devraient être adoptées d'ici la prochaine réunion des ministres européens des Affaires étrangères, le 27 février, a-t-on appris auprès de deux diplomates. A Pékin, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin, a déclaré que la Chine envisageait d'envoyer dans un proche avenir un émissaire pour jouer un «rôle constructif en faveur d'une solution politique».

La Turquie a de son côté annoncé la préparation d'une nouvelle initiative avec les pays opposés au gouvernement syrien. «Ce qui s'est produit aux Nations unies à propos de la Syrie est un fiasco pour le monde civilisé», a déclaré le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, lors d'une réunion du parti au pouvoir, l'AKP.

Bérénice Dubuc avec Reuters
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