ENERGIE - La Russie a achevé la construction de la centrale de Bouchehr, dans le sud de la République islamique. Elle devrait subir des tests pendant quatre à sept mois...
Voilà cinquante ans que l'Iran a lancé son programme nucléaire. Et cela fait des années que la République islamique et l'Occident s'affrontent sur cette question. Ce mercredi, le chef de l'
Agence iranienne de l'énergie atomique a annoncé l'achèvement de la construction de la centrale nucléaire de Bouchehr, située dans le sud de l'Iran. Elle devra toutefois subir des tests pendant quatre à sept mois avant sa mise en service.
Les différents systèmes, le circuit primaire d'énergie, les systèmes de secours et les unités de soutien seront vérifiés un à un pour éliminer tout incident lors du lancement. Il s'agit du lancement «technique» de la centrale, qui précède le lancement «énergétique». Ce dernier débute la production de l'énergie et pourrait suivre sous deux à trois mois.
Construction retardée
La construction de la centrale a été retardée à de multiples reprises
sur fond de tensions autour du programme nucléaire iranien, les Occidentaux craignant qu'il ne dissimule un projet militaire. L'Iran affirme qu'il a uniquement un objectif civil: alimenter lui-même ses futures centrales en combustible. Mais de nombreux experts étrangers ont mis en doute les capacités de Téhéran dans ce domaine, remarquant notamment que ses ressources en minerai d'uranium étaient insuffisantes. La République islamique fait l'objet de cinq résolutions du
Conseil de sécurité de l'Onu, dont trois assorties de sanctions, à cause de son manque de coopération avec l'
Agence internationale de l'énergie atomique et de son refus de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium.
Le projet, confié initialement à l'Allemand Siemens, remonte à l'époque du Shah dans les années 1970. Il avait été interrompu par la révolution islamique de 1979, et la guerre Irak-Iran (1980-1988). L'Allemagne ayant convaincu Siemens de se retirer, à cause des risques de prolifération nucléaire, l'Iran s'est tourné vers la Russie, qui a repris le contrat en janvier 1995.
A. G. (avec agence)