DIPLOMATIE - Londres et Berlin mettent en garde Kiev et le Kremlin. Leur différend pourrait porter un coup à leur crédibilité...
C'est la nouvelle saga du moment. Le conflit gazier qui oppose la Russie à l'Ukraine depuis le 1er janvier n'en finit pas. Alors que les deux pays voisins avaient trouvé un accord, par l'intermédiaire de l'Union Européenne, les livraisons de gaz n'ont toujours pas repris.
Londres et Berlin ont appelé ce jeudi la Russie et l'Ukraine à résoudre leurs différends. La chancelière allemande Angela Merkel estime que Moscou risquait d'y perdre en crédibilité.
>> La carte des conséquences de la crise du gaz pays par pays.
«Il y a un risque certain que la Russie perde de sa crédibilité du fait des interruptions» dans les livraisons de gaz à l'Europe, a affirmé Angela Merkel lors d'un point de presse à l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre britannique Gordon Brown à Berlin, à la veille d'une visite du chef du gouvernement russe Vladimir Poutine. «Il n'est pas acceptable que d'autres pays européens souffrent» des difficultés politiques entre la Russie et l'Ukraine, selon la chancelière qui a souligné qu'elle entendait évoquer le problème ce jeudi au téléphone avec la direction ukrainienne et, vendredi à Berlin avec Vladimir Poutine.
L'impasse politique
Moscou a coupé ses livraisons de gaz à l'Europe le 7 janvier pour empêcher l'Ukraine de «voler» ses approvisionnements. Malgré un accord lundi sur la
mise en place d'un système de surveillance du transit, les exportations n'ont pas repris et Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité de la situation. Angela Merkel a estimé que les «difficultés techniques» évoquées de part et d'autre pour expliquer la poursuite des coupures de gaz transitant via l'Ukraine relèvent «à [son] avis plutôt de l'impasse politique» entre Moscou et Kiev.
Gordon Brown, pour sa part, a insisté sur la nécessité pour l'Europe de diversifier ses approvisionnements énergétiques. Les deux dirigeants ont également évoqué le futur sommet du G20 de Londres le 2 avril, à un moment où la crise économique s'aggrave et fait grimper le chômage dans le monde. Le Premier ministre britannique s'en était déjà entretenu mercredi à Paris avec le président français Nicolas Sarkozy. Une réunion préparatoire des dirigeants européens du G20 aura lieu à Berlin dans la deuxième moitié de février, selon le gouvernement allemand.
Un sommet sur le gaz à Moscou
Par ailleurs, la Russie va accueillir un sommet réunissant l'Ukraine et les pays européens touchés par la crise du gaz samedi à Moscou, ont rapporté ce jeudi les agences russes citant une porte-parole du Kremlin. «En ce moment nous envoyons les invitations aux chefs d'Etat et de gouvernement des pays consommateurs de gaz russe et des pays de transit», a déclaré la porte-parole Natalia Timakova, selon les agences Ria Novosti et Interfax.
Quelques minutes plus tôt, l'Union européenne s'était dit prête à dépêcher le ministre tchèque de l'Energie et le commissaire européen à l'Energie à une réunion Russie-Ukraine «de haut niveau» pour «aider à trouver un accord durable» au conflit.
Maud Descamps avec agence