RUSSIE - Les expertises scientifiques montrent que les traces retrouvées par les enquêteurs sur l'arme du crime ne leur appartiennent pas...
En l'absence du meurtrier présumé de la journaliste russe
Anna Politkovskaïa, on tente de faire parler l'ADN au
procès de ses complices. Mais celui qui a été retrouvé sur l'arme du crime ne leur appartient pas, selon les conclusions des expertises scientifiques lues ce vendredi par leur avocat, Mourad Moussaïev.
Roustam Makhmoudov, l'homme qui est accusé d'avoir abattu la journaliste, est en fuite et n'est pas jugé, mais ses deux frères Djabraïl et Ibraguim, sont suspectés d'avoir organisé la surveillance de la victime. Pour leur avocat, «si l'ADN n'a pas de rapport avec les deux frères, alors il n'a probablement pas de rapport avec le troisième frère».
Ni ADN, ni empreintes
Une thèse qui innocente la fratrie Makhmoudov, mais aussi Sergueï Khadjikourbanov, un ex-membre de la police criminelle accusé d'avoir fourni l'arme du crime, et dont l'ADN n'a pas non plus été trouvé sur le pistolet.
Par ailleurs, selon les expertises citées par Mourad Moussaïev, les empreintes de mains relevées dans l'ascenseur où Anna Politkovskaïa a été tuée en octobre 2006, ne correspondent pas non plus à celles de Roustam Makhmoudov.
Le commanditaire reste inconnu
Dans ce procès, débuté le 17 novembre, un ex-agent du FSB (ex-KGB) est également sur le banc des accusés. Pavel Riagouzov est soupçonné d'avoir fourni au tueur l'adresse de la journaliste. Le motif du crime et l'identité du commanditaire n'ont, eux, jamais été établis.
Anna Politkovskaïa était une des rares journalistes à avoir continué de couvrir le conflit en Tchétchénie au début des années 2000 et à dénoncer les atteintes aux droits de l'Homme en Russie.
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J.M. avec agence