«Il y a peu d'espoir de découvrir la vérité»

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Publié le 17 novembre 2008.

RUSSIE - Galia Ackerman était la traductrice d'Anna Politkovskaïa. Pour elle, le procès qui s'ouvre lundi ne lèvera pas le voile sur l'assassinat de la journaliste russe...

Galia Ackerman était la traductrice d'Anna Politkovskaïa. Pour cette proche de la journaliste abattue en octobre 2006, le procès qui s'ouvre lundu ne lèvera pas le voile sur son assassinat...
 

Que peut-on attendre du procès qui s'est ouvert ce lundi à Moscou?
On ne peut pas attendre grand-chose. Il y a déjà une polémique autour du déroulement à huis-clos de ce procès alors que cela n'est pas du tout justifié. Il y a un véritable manque de transparence autour de ce procès. Nous ne savons pas quelle vérité va s’en sortir. Il y a une très grande pression de la part de l'opinion publique internationale et d'une petite partie de la population pour que la lumière soit faîte sur son assassinat. Mais je doute que la vérité sorte au grand jour et que nous connaissions les véritables commanditaires de ce meurtre.
 
Anna Politkovskaïa, avait-elle été menacée avant d'être assassinée?
Oui, Anna m'avait raconté plusieurs fois, dans les années qui ont précédé sa mort, qu'elle avait fait l'objet d'intimidation mais aucune enquête n'a été menée.  En 2003, par exemple, une femme qui lui ressemblait et qui habitait dans le même immeuble qu'elle a été abattue. Nous n'avons jamais su qui était l'auteur de ce meurtre. En 2004, Anna m'a raconté que lors d'un voyage pour Beslan, elle avait été empoisonnée dans l'avion. Elle avait dû être hospitalisée dans un hôpital de province et plusieurs de ses organes avaient été gravement touchés.  Je sais aussi qu'en 2004 et 2005, Anna s'est plusieurs fois fait «accrochée» alors qu'elle était en voiture, une autre façon de l'intimider. Mais rien n'a jamais été fait pour savoir qui se cachait derrière ces attaques.
 
Ce procès va-t-il pouvoir améliorer la liberté de parole des journalistes russes?
Non, il n'y aura aucun changement après ce procès. Vous savez, il existe très peu de médias libres en Russie. A part une radio et quelques journaux, tout est surveillé par le Kremlin. Il y a quelque temps, le rédacteur en chef de la radio «Echos de Moscou» a été convoqué par Vladimir Poutine après un reportage qui n'a pas plu au Kremlin. Le journaliste a dû présenter des excuses et promettre à Poutine de ne pas recommencer! Il faut savoir également que ce qu'écrivait Anna dans les journaux à l'époque ne pourrait plus être publié aujourd'hui. S'il n'y a pas de dégradation de la liberté de parole, il n'y a pas d'amélioration non plus. L'arrivée de Dmitri Medvedev au pouvoir n'a pas changé la situation.
Maud Descamps



Galia Ackerman vient de traduire un recueil d'une trentaine de textes de la journaliste russe, publié aux éditions Buchet Chastel.
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