Géorgie et Russie, une histoire intimement liée

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Publié le 20 août 2008.

CHRONOLOGIE - Depuis sa première proclamation d'indépendance, la Géorgie a dû faire avec un voisin russe très envahissant...

Depuis sa première proclamation d’indépendance, la Géorgie a dû faire avec un voisin russe très envahissant. Retour sur l’histoire politique du pays et les temps forts du conflit actuel qui l’oppose à la Russie.
 
26 mai 1918: la Géorgie, alors annexée à l’Empire russe, proclame son indépendance et instaure une République. La Russie la reconnaît le 7 mai 1920.
 
1921: en février, la capitale Tbilissi est occupée par l’Armée rouge. L’indépendance prend fin, la Géorgie est intégrée à la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie. Quinze ans plus tard, la République socialiste soviétique de Géorgie est créée.
 
1990: Après la chute du mur de Berlin, la République autonome d'Ossétie du Sud déclare sa souveraineté. L’année suivante, le 9 avril, la Géorgie proclame son indépendance, la seconde du siècle. L’Union soviétique est officiellement dissoute le 26 décembre 1991. Le 11 octobre 1992, Edouard Chevardnadze devient le président de la Géorgie et mène une politique d’ouverture vers l’occident: le 27 avril 1999, la Géorgie devient le 41e membre du Conseil de l'Europe. En 2003, la «Révolution des roses» pousse Chevardnadze vers la sortie. Son successeur est Mikheil Saakachvili, élu le 4 janvier 2004.
 
 
LA CRISE AVEC LA RUSSIE
 
 
8 août 2008: La Géorgie lance une opération militaire contre l'Ossétie du Sud pour en reprendre le contrôle. La Russie envoie chars et artillerie pour «défendre ses citoyens» (la plupart des Ossètes du Sud ont un passeport russe). Les combats font rage et les Russes bombardent la ville géorgienne de Gori et les positions géorgiennes autour de Tskhinvali.
 
10 août: Tbilissi annonce un retrait quasi complet de ses troupes d'Ossétie du Sud et un cessez-le-feu. L'armée russe contrôle Tskhinvali et poursuit ses bombardements: la banlieue de Tbilissi, Gori et Poti seront visées.
 
12 août: Le président russe Dimitri Medvedev annonce la fin de l'opération russe. L'armée arrête sa progression, mais reste sur les positions occupées, ce que conteste la Géorgie. Les deux pays en guerre acceptent le plan négocié par Nicolas Sarkozy: retour des forces géorgiennes dans leurs casernes et des troupes russes à leurs positions antérieures au conflit. Le plan est signé le 16. Depuis, l’incertitude pèse sur le retrait russe, dont le début est, comme l’a promis Medvedev à Sarkozy, attendu le 18 août à 12h. Chars et blindés russes poursuivent leurs patrouilles dans les rues de Gori. Medvedev s’est engagé le 20 août à ce que les troupes russes quittent le territoire géorgien vendredi 22.
 
19 août: L’Otan se réunit à la demande de Washington et décide de «hausser le ton». Si l’organisation durcit en effet sa rhétorique, sa principale mesure immédiate pour signifier son mécontentement est de suspendre des réunions du Conseil Otan-Russie. Deux jours plus tôt, la chancelière allemande Angela Merkel affirme que la Géorgie «sera membre de l’Otan». Une hypothèse que la Russie voit d’un mauvais œil, le pays estime en effet que la Géorgie fait partie de sa zone d’influence. Ce même jour, la Géorgie et la Russie échangent leurs prisonniers.
 
20 août: la Russie se dit prête à reconnaître l’indépendance de l’Abkhasie et de l’Ossétie du Sud, zone de tensions à l’origine du conflit avec la Géorgie.
Sandrine Cochard
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