CONFLIT - Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souhaité ce mardi le départ du président de la Géorgie Mikhaïl Saakachvili, et pose comme condition le retrait des troupes géorgiennes en Ossétie du sud...
Les forces russes ont cessé leur progression sur le territoire géorgien mais ne se retirent pas, a affirmé ce mardi le ministre géorgien de la Réintégration, Temour Iakobachvili dans une intervention télévisée. «L'accord de cessez-le-feu doit encore être signé (...) la déclaration de (Dmitri) Medvedev pourrait signifier, espérons-le, qu'ils ne vont plus nous tirer dessus», a-t-il poursuivi.
Le président russe, Dmitri Medvedev, a en effet annoncé avoir «pris la décision» d'arrêter l'opération russe «visant à contraindre
la Géorgie à la paix». Il a confirmé ce mardi au diplomate en chef de l'Union européenne, Javier Solana l'arrêt des
opérations militaires de son pays en Géorgie, a indiqué la porte-parole de ce dernier. La Commission européenne a pour sa part «pris note» de l'annonce et émis l'espoir qu’elle soit suivie de résultats «concrets».
Une condition: Mikhaïl Saakachvili doit partir
De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souhaité ce mardi le départ du président de la Géorgie Mikhaïl Saakachvili et appelé à un retrait des troupes géorgiennes de toutes les positions susceptibles d'être utilisées pour attaquer l'Ossétie du Sud. «C'est une condition irrévocable» en vue d'un arrêt des hostilités, a ajouté le ministre russe.
« Ce serait mieux s'il (Saakachvili) partait», a déclaré Sergueï Lavrov au cours d'une conférence de presse avec son homologue finlandais Alexander Stubb, président en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Démilitarisation des positions géorgiennes
Moscou réclame «une démilitarisation» des positions géorgiennes, notamment dans les alentours de Gori, grande ville proche du territoire séparatiste pro-russe, et noeud stratégique reliant l'est à l'ouest de la Géorgie. Le retrait des Géorgiens d'Ossétie du Sud et la signature par Tbilissi d'un accord sur le non recours à la force sont la «seule solution» pour régler le conflit en cours, a encore dit le chef de la diplomatie russe.
En ligne de mire : Washington
Sergueï Lavrov a aussi ouvertement critiqué Washington et son soutien militaire à Tbilissi, soulignant que Moscou «réitère depuis longtemps le danger que représente» le régime de Mikhaïl Saakachvili. «Ce qui se passe en Ossétie du Sud, (l'Occident) l'a en grande partie sur la conscience», a-t-il ajouté.
Le ministre finlandais a appelé une nouvelle fois toutes les parties à la retenue et à s'abstenir de rhétorique guerrière: «si les mots étaient utilisés autrement, nous serions dans une meilleure situation».
Alexander Stubb s'est tout de même dit «prudemment confiant» pour qu'un
accord intervienne à l'occasion de la visite mardi du président français Nicolas Sarkozy en Russie et à Tbilissi afin d'obtenir un accord de cessez le feu.
Avec agence