GEORGIE - Les forces militaires sont entrées près de la ville de Senaki, à proximité de l'Abkhazie...
Vendredi dernier, les forces géorgiennes lançaient une offensive en Ossétie du Sud, une province séparatiste de cet Etat du Caucase, soutenue par la Russie. Cette dernière a aussitôt répliqué. 20minutes.fr fait le point au quatrième jour du conflit.
Devant la difficulté de pouvoir compter sur un bilan fiable et les annonces contradictoires, la source des informations sera toujours clairement indiquée…
• Des forces armées russes sont bien entrées en territoire géorgien près de la ville de Senaki, pour empêcher de nouvelles attaques géorgiennes contre l'Ossétie du Sud. Une information confirmée par un porte-parole du ministère géorgien de l'Intérieur, qui indique que des forces russes occupent une base militaire géorgienne à Senaki. Un peu plus tôt, la Russie avait affirmé que les troupes russes n'étaient pas entrées sur le territoire de la Géorgie, en dehors de l'Ossétie du Sud, rejetant les accusations lancées la veille par Tbilissi.
[Source: ministère russe de la Défense et un porte-parole de l'armée russe]
• De son côté, l'aviation géorgienne bombarderait ce lundi soir Tshinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud.
[Source: le commandement des forces russes chargées du maintien de la paix à l'agence Interfax]
• Le président géorgien Mikheïl Saakachvili et le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner ont été évacués d'urgence ce lundi dans deux véhicules en raison de la présence suspecte d'un hélicoptère survolant Gori, en Géorgie.
[Source: un journaliste de l'AFP]
• Les Etats-Unis chercheraient à gêner les opérations militaires russes dans le conflit avec la Géorgie. C'est l'accusation que vient de lancer, peu avant 13h, le Premier ministre russe Vladimir Poutine. Selon lui, Les Américains aideraient au rapatriement des forces géorgiennes déployées en Irak.
•
Les forces géorgiennes auraient recommencé à «tirer massivement» ce lundi après-midi, notamment avec des pièces d'artillerie, sur l'Ossétie du Sud. La Russie avait pourtant annoncé dans la matinée que l'opération militaire en Ossétie du Sud était «en grande partie terminée»
, après la prise par les Russes de Tskhinvali, la capitale de la région séparatiste géorgienne. La Russie fera tout pour «normaliser la situation en Ossétie du Sud», vient de réaffirmer le président russe Dmitri Medvedev, dans des déclarations retransmises à la télévision.
[Sources: une porte-parole des autorités la région indépendantiste géorgienne et le président russe Dmitri Medvedev à l'agence Interfax.]
• Environ 9.000 soldats russes supplémentaires ont été déployés ce lundi en Abkhazie, l'autre province sécessionniste du pays. Ces hommes, issus d'unités parachutistes et appuyés par 350 blindés, doivent «renforcer» le contingent des forces de maintien de la paix déjà présent sur place. Une force russe d'interposition de 3.000 hommes sous mandat de la CEI (ex-URSS sans les pays baltes) avait été déployée en Abkhazie après un cessez-le-feu signé en mai 1994, à l'issue d'une guerre d'indépendance des Abkhazes contre les Géorgiens.
[Sources: Alexandre Novitski, un responsable du commandement russe à l’AFP]
Ultimatum adressé aux forces géorgiennes en Abkhazie
• «Le renforcement du contingent de maintien de la paix est destiné à exclure la répétition de la situation qui s'est produite avec les forces de maintien de la paix russes dans la région de Tskhinvali», la capitale de l'Ossétie du Sud.
Les Russes avaient affirmé que ces militaires avaient été la cible de bombardements au cours de l'offensive géorgienne déclenchée dans la nuit de jeudi à vendredi en Ossétie du Sud.
[Source: Alexandre Novitski à l’AFP]
• Un
ultimatum a ainsi été adressé aux forces géorgiennes d'Abkhazie pour qu'elles remettent leurs armes entre 7h et 10h heures locales (5h et 7h à Paris) ce lundi. Faute de quoi, «toutes les mesures nécessaires» seront prises à leur encontre, a averti le général Sergueï Tchaban, commandant des soldats russes chargés du maintien de la paix en Abkhazie.
• La Géorgie a immédiatement rejeté cet ultimatum. «Aucun policier géorgien ne rendra les armes», a réagi un membre du gouvernement géorgien de la Réintégration. Les Abkhazes ont, de leur côté, affirmé ce lundi avoir «complètement bloqué» les combattants géorgiens postés sur les hauteurs des gorges de Kodori.
[Source: le ministre abkhaze de la Défense Mirab Kichmaria à l'agence Interfax]
• Les forces géorgiennes affirment avoir «repoussé toutes les attaques» dans les gorges de Kodori.
[Source: ministère de l'Intérieur géorgien]
Plusieurs villes bombardées
• L'offensive russe ne se concentre pas sur les républiques séparatistes. L'aéroport international, la banlieue de Tbilissi ainsi que les villes de Gori - une ville proche de l'Ossétie du Sud - et de Poti - un port géorgien sur la mer Noire proche d'un terminal pétrolier - ont également été bombardés dans la nuit de dimanche à lundi.
[Sources: autorités géorgiennes; certaines de ces attaques étant confirmées par des témoignages recueillis par l'AFP]
• Des bombes sont aussi tombées sur le quartier Makhata, en bordure de Tbilissi, ainsi que sur le village de Kojori, à une dizaine de kilomètres de la capitale géorgienne.
[Source: témoignages recueillis par l'AFP.]
>> Pour retrouver tous nos articles sur le conflit en Géorgie, cliquez ici
C. F. (avec agence)