Prague et Washington signent un accord sur le bouclier antimissile

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Publié le 9 juillet 2008.

DEFENSE - La Russie menace de répliquer militairement...

Les Etats-Unis et la République tchèque ont signé mardi un accord de défense antimissile, malgré les menaces russes et l’hostilité de l’opinion tchèque. Condoleezza Rice, la secrétaire d’Etat américaine, a qualifié d’«historique», l’accord qui prévoit de déployer un radar sur le sol tchèque.

Ce radar, en liaison avec dix missiles intercepteurs en cours de négociation avec la Pologne, complèterait le projet de bouclier antimissile américain. C’est «une pierre dans l'édifice de la sécurité, pas seulement la sécurité des Etats-Unis et de la République tchèque, mais aussi celle de l'Otan et de la communauté internationale», a déclaré la secrétaire d’Etat.

«Cet accord est un exemple de notre désir commun de protéger le monde libre», a assuré le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek, en soulignant qu'il y voyait une occasion unique d'ancrer l'ancien pays communiste à l'Ouest.

Réaction négative de la Russie

La réaction russe n’a pas tardé: «Si, près de nos frontières, débute un déploiement réel de système de défense antimissile stratégique américain, alors nous serons obligés de réagir non pas de façon diplomatique, mais par des techniques militaires.» Le président russe Dmitri Medvedev a qualifié le projet d’«absolument inacceptable» en soulignant qu’il songeait à des «mesures de rétorsions».

Mercredi, Condoleezza Rice a regretté la réaction négative de la Russie tout en espérant que ce pays tienne compte «de l’actuelle atmosphère de menace» liée aux nouveaux essais balistiques iraniens. Washington a toujours affirmé que ce bouclier visait à se défendre d’attaques éventuelles de «pays voyous comme l’Iran». «Nous voulons que le système soit transparent pour les Russes», a déclaré la secrétaire d’Etat. Les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de créer un système où la Russie et l’Europe seraient des «partenaires égaux».

L’accord doit encore être ratifié par le Parlement tchèque, ce qui est loin d’être acquis. Le président tchèque Vaclav Klaus a annoncé que si le Parlement ratifiait l’accord, il le signerait «sans la moindre hésitation». Par ailleurs, les sondages montrent que plus de deux tiers des habitants sont opposés au projet. Environ 2.000 personnes ont manifesté au centre de Prague.

Sous contrôle de l’armée soviétique pendant plus de vingt ans, les Tchèques voient d’un mauvais œil une nouvelle présence militaire étrangère sur leur territoire. Ils s’inquiètent aussi de la possibilité de devenir une cible pour les «Etats voyous» et de subir la colère du grand frère russe.
Kéthévane Gorjestani
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