• L'ancien directeur de l'Alliance française à Irkoutsk, en Sibérie, se dit victime d'un complot après avoir été accusé d'actes à caractères sexuels sur sa fille.
  • Il a donné, ce vendredi à Nantes, davantage de détails sur cette histoire rocambolesque et dénoncé l'attitude du gouvernement français.

Yoann Barbereau, ancien directeur d'Alliance française en fuite après avoir été condamné en Russie, demande à être blanchi par la justice et indemnisé par le Quai d'Orsay qui n'a pas su le «protéger», a-t-il déclaré vendredi. «J'attends d'être lavé de toute accusation et de toute condamnation et de retrouver une liberté de mouvement totale», a déclaré le fugitif, au cours d'une conférence de presse à Nantes.

En parallèle, la Russie a annonçé dans la matinée de nouvelles poursuites pour avoir quitté illégalement le pays. «C'est aussi un délit passible de poursuites criminelles. Les autorités russes vont prendre toutes les mesures nécessaires pour engager des poursuites à l'encontre de M. Barbereau», indique le communiqué.

Un non-lieu en France?

En fuite depuis septembre 2016, M. Barbereau a été condamné par contumace en décembre 2016 à 15 ans de camp à régime sévère par la justice russe pour des actes sexuels sur sa fille, ce qu'il a toujours nié. Il affirme avoir été la victime d'un complot, avec preuves fabriquées.

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Son avocat, Olivier Arnod, a précisé qu'il souhaitait que la Russie transmette son dossier à la justice française, pour que son client soit jugé sur les faits en France. «Avec un tel, dossier, la justice française ne pourra que constater l'inanité des charges et prononcer un non-lieu», a estimé, très confiant, Me Arnod.

Plainte et demande d'indemnisation

Son avocat a en outre précisé qu'il allait porter plainte auprès du parquet de Paris pour «les violences qu'il a subies» lors de son arrestation en février 2015 à Irkoutsk (Sibérie), le «piratage» de son ordinateur, «extorsions» et «atteinte à la vie privée» (en raison de la diffusion de photos privées sur internet).

Il a aussi demandé que «la diplomatie prenne acte qu'elle n'a pas su protéger un agent du ministère des Affaires étrangères et prenne des dispositions pour indemniser ce qu'a subi Yoann». «On espère ne pas avoir à aller devant un tribunal administratif pour demander réparation. On espère que la logique et un peu d'humanité l'emportera», a ajouté l'avocat.