La Russie a convoqué ce samedi le plus haut diplomate américain actuellement en poste à Moscou, accusant les Etats-Unis de vouloir perquisitionner les locaux de sa mission commerciale à Washington, dont la jouissance a été suspendue par la Maison Blanche.

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« Lettre de protestation »

Le ministère russe des Affaires étrangères a indiqué avoir convoqué Anthony Godfrey et lui avoir remis « une lettre de protestation en lien avec la volonté des autorités américaines de mener des perquisitions à la mission commerciale russe à Washington ».

Anthony Godfrey, numéro deux de l’ambassade, est actuellement le plus haut diplomate américain en poste à Moscou, l’ambassadeur John Tefft ayant annoncé en juillet son intention de quitter Moscou dès le début du mois de septembre.

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Principe de « réciprocité »

Vendredi, la diplomatie russe avait déjà affirmé que le FBI prévoyait de perquisitionner ce samedi les locaux de son consulat à San Francisco, dont Washington a ordonné la fermeture ainsi que les missions commerciales russes à Washington et New York.

Les Etats-Unis ont justifié ces fermetures par le principe de « réciprocité »à la réduction imposée par Moscou du nombre d’employés et de diplomates de la représentation diplomatique américaine en Russie.

Les autorités américaines n’ont pas confirmé officiellement qu’elles entendaient mener des perquisitions dans ces bâtiments diplomatiques russes aux Etats-Unis.

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« Un acte d’agression sans précédent »

Selon la note de protestation remise à Anthony Godfrey, la Russie considère comme « illégitimes » les perquisitions de ses bâtiments diplomatiques en l’absence de représentants officiels de l’Etat russe.

« Les autorités américaines doivent cesser leurs violations grossières du droit international et renoncer à empiéter sur l’immunité des institutions diplomatiques russes », poursuit le ministère.

Ces perquisitions et « la menace de casser la porte d’entrée » constituent « un acte d’agression sans précédent, qui pourrait être utilisé par les services spéciaux américains pour organiser une provocation contre la Russie à l’aide d’objets compromettants qui y seraient placés » par ces mêmes services, selon la diplomatie russe.

A San Francisco, des témoins ont rapporté avoir observé vendredi une fumée noire sortant d’une cheminée du consulat russe. Un dégagement de fumée dû à « des mesures prises pour préserver le bâtiment », a affirmé sans plus de précision la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova.

Rencontre Lavrov-Tillerson

A l’annonce de la fermeture de ces locaux diplomatiques, Moscou a aussitôt fustigé une « escalade » des tensions « initiée » par Washington, disant se réserver le droit de prendre des mesures de représailles.

Ces développements illustrent l’incapacité de la Maison Blanche et du Kremlin à améliorer leurs relations sept mois après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, qui avait présenté la normalisation des relations comme un de ses objectifs.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a néanmoins semblé dédouaner vendredi l’administration Trump de la responsabilité de la détérioration des relations entre les deux pays.

« Toute cette histoire a été lancée par l’administration Obama pour nuire aux relations russo-américaines et ne pas permettre à Trump de les faire sortir de l’ornière », a-t-il estimé.

Selon Sergueï Lavrov, le Congrès et l’establishment américain « tentent de lier les pieds et les poings [de l’administration Trump], d’inventer une prétendue ingérence russe, un lien entre lui et la Russie, entre sa famille et la Russie ». Le président américain est soupçonné par ses détracteurs d’avoir notamment bénéficié d’actions en coulisses des Russes pour saboter la campagne d’Hillary Clinton lors de la présidentielle américaine en 2016.

« Nous ne cherchons pas à nous fâcher avec les Etats-Unis », a ajouté Sergueï Lavrov, affirmant rechercher des « approches basées sur le respect mutuel » afin de trouver des « compromis » avec Washington.