La Pologne a ratifié le traité de Lisbonne

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Publié le 10 octobre 2009.

EUROPE - Après le «oui» irlandais, il ne manque plus que la signature de la République tchèque pour que le texte entre en vigueur...

Le président polonais Lech Kaczynski a signé samedi le traité de Lisbonne, parachevant ainsi la ratification par la Pologne de ce texte dont le destin se joue à présent à Prague, où le président eurosceptique Vaclav Klaus a posé de nouvelles conditions pour signer.

«Le changement de décision du peuple irlandais a fait que le traité a repris vie et qu'il n'y a plus d'obstacles pour le ratifier», a déclaré, lors d'une cérémonie au Palais présidentiel à Varsovie, Lech Kaczynski qui avait pendant longtemps refusé de signer, disant attendre un «oui» définitif des Irlandais. Le Parlement polonais avait adopté le texte en avril 2008.

«Aujourd'hui est une journée très importante pour l'histoire de la Pologne et de l'Union européenne», a-t-il ajouté, soulignant que l'UE se devait toujours de convaincre ceux qui «ont des doutes» sur le traité.

Un stylo récalcitrant

Un événement plus anecdotique a retardé samedi encore de quelques secondes la signature. Au moment de signer, le président polonais a été obligé de remplacer son stylo-plume, celui-ci refusant d'écrire. L'encre avait apparemment séché.

La cérémonie à Varsovie a réuni également le président de la Commission européenne José Manuel Barroso et le président du Parlement européen Jerzy Buzek, ainsi que le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l'UE.

«Le président Kaczynski a scellé un chapitre très important pour la Pologne et pour l'Union européenne», a déclaré José Manuel Barroso.

La balle dans le camp de la République tchèque

Fredrik Reinfeldt a également salué la ratification, mais s'est davantage tourné vers la République tchèque, dernier des 27 pays à n'avoir pas signé le traité. «Aujourd'hui, la signature du président Kaczynski nous emmène un pas plus près. Toutefois, la République tchèque doit toujours achever le processus, avec la signature du président Klaus», a-t-il déclaré. «L'Europe attend avidement que cela arrive. Nous n'avons plus besoin de nouveau retard», a encore dit Fredrik Reinfeldt.

Après la large victoire du «oui» au référendum irlandais et la signature du document par le président Kaczynski, seule la République tchèque n'a pas achevé le processus de ratification du traité réformateur. Pour que le texte entre en vigueur, le chef de l'Etat tchèque, Vaclav Klaus, doit parapher le document déjà ratifié par voie parlementaire dans son pays.

Vieille rancoeur

Adversaire déclaré du traité de Lisbonne, le président tchèque vient de demander une dérogation pour son pays concernant la Charte des droits fondamentaux, pour empêcher toute restitution des biens des Allemands des Sudètes confisqués après la Seconde guerre mondiale, en vertu des décrets signés par le président tchécoslovaque d'alors, Edvard Benes (1884-1948).

Les décrets Benes ont servi de base juridique à la confiscation des biens et l'expulsion de Tchécoslovaquie, après la Seconde Guerre mondiale, de trois millions d'Allemands des Sudètes, sous l'accusation collective de collaboration avec le régime nazi.

L'inscription d'une telle dérogation demanderait cependant une réouverture de tout le processus de ratification par l'ensemble des 27 pays de l'Union européenne.

Le sort du traité de Lisbonne est également suspendu à une décision de la Cour constitutionnelle de la République tchèque, saisie d'un nouveau recours contre le texte par les alliés politiques de Vaclav Klaus.

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