Sortie de crise in extremis au Pakistan

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Publié le 16 mars 2009.

POLITIQUE - Le gouvernement a restitué l'ancien président de la Cour suprême juste avant une grande manifestation ce lundi à Islamabad...

L'assaut d'Islamabad n'aura pas lieu. Le gouvernement pakistanais a annoncé ce lundi le retour prochain dans ses fonctions de l'ancien président de la Cour suprême, réclamé par l'opposition, désamorçant in extremis une crise qui menaçait de faire sombrer le pays dans le chaos.

Aussitôt, le principal dirigeant de l'opposition, Nawaz Sharif, a appelé ses partisans à cesser leur mouvement, baptisé la «longue marche», qui devait culminer en une grande manifestation lundi à Islamabad. «C'est un jour historique, un grand jour qui va changer la destinée du pays», a-t-il lancé depuis Gujranwala, sur ses terres de la province du Pendjab, pendant qu'une foule en liesse noyait sa voiture sous des pétales de roses.

Le juge Chaudrhy érigé en symbole

Le juge Muhammad Iftikhar Chaudhry avait été limogé par le régime militaire de Pervez Musharraf en 2007, qui craignait notamment à l'époque une décision de justice susceptible de le déclarer inéligible. Le magistrat avait également déplu en ordonnant aux forces de l'ordre de retrouver des dizaines de personnes disparues et supposées être aux mains des services de sécurité.

Il est devenu au Pakistan une figure emblématique de l'indépendance de la justice et d'une démocratie plus fragile que jamais, un an après l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement civil.

Sa réintégration, à compter du 21 mars, a été annoncée par le Premier ministre Yousuf Raza Gilani après une réunion nocturne avec le président Asif Ali Zardari et le chef d'état-major de l'armée, le général Ashfaq Kayani. Yousuf Raza Gilani a ajouté que l'ordre avait été donné «de remettre en liberté» les opposants arrêtés et de rétablir la liberté de manifester.

Soulagement à Washington

Ces décisions ont été accueillies avec soulagement par Washington, principal allié occidental du Pakistan, qui multipliait les pressions pour une sortie de crise pacifique et s'est félicité qu'une «grave confrontation» ait été évitée.

En filigrane, cette crise aura fait éclater le malaise d'un pays miné par la crise économique et le terrorisme islamiste, déçu après avoir placé ses espoirs il y a un an dans un régime démocratique aujourd'hui en perte totale de crédibilité.
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