Après Irma et avant José, des habitants de Saint-Martin témoignent du chaos

OURAGAN Pillages, absence d’électricité, pénurie d’essence… La situation à Saint-Martin est décrite par plusieurs locaux…

O. P.-V.

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À Marigot, sur l'île de Saint-Martin, le 7 septembre, après le passage de l'ouragan Irma.

À Marigot, sur l'île de Saint-Martin, le 7 septembre, après le passage de l'ouragan Irma. — Lionel CHAMOISEAU / AFP

  • Un habitant de l'île assure que les pillages sont terminés.
  • L'armée a pu commencer à intervenir vendredi.
  • Saint-Martin se prépare au passage de José.

« Il n’y a toujours pas d’électricité, mais un travail immense a été fait depuis vendredi pour déblayer les routes. » Le son est faible à l’autre bout du fil, suffisant pour que Hervé Meunier puisse témoigner de ce qu’il se passe à Saint-Martin, frappé par l’ouragan Irma cette semaine et à « 95 % détruite », selon le premier ministre Edouard Philippe. Vivant à Concordia, un quartier sur les hauteurs de Marigot, la principale ville française de l’île, Hervé Meunier est l’un des rares habitants de Saint-Martin joignable depuis le passage du cyclone.

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« Ici, il n’y a qu’une seule antenne debout, les gens y font des allers-retours pour joindre leurs proches. Mais comme nous sommes en vigilance rouge avec l’arrivée de José, nous n’avons pas le droit de circuler. Nous n’allons pas pouvoir donner de nouvelles avant un petit moment », explique-t-il.

« Des milices qui se forment pour défendre des quartiers »

Caroline Rattier, une Parisienne qui a vécu à Saint-Martin et y a gardé de la famille et des amis, assure à 20 Minutes que « le réseau s’est amélioré depuis vendredi ». Elle relaie le témoignage de sa sœur, qui parle « de pillages dans des stocks d’armes, d’amis qui se sont fait tirer dessus, de milices qui se forment pour défendre des quartiers contre les bandes armées » alors que « les militaires n’arrivent que depuis vendredi, tous mes amis sont bloqués et ont peur, les seules évacuations étant assurées par Air Caraïbes ».

Ces scènes de violences et de magasins dévalisés ont été confirmées par plusieurs témoins sur les réseaux sociaux, ainsi que par la ministre des Outre-mer Annick Girardin, qui a indiqué jeudi soir en avoir constaté « devant [ses] yeux ». La gendarmerie précise avoir interpellé onze personnes.

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Hervé Meunier explique, lui, que les pillages se sont arrêtés avec l’arrivée des autorités vendredi, mais que trouver des vivres est toujours aussi compliqué, ainsi que de l’essence : « La plupart des pompes ont été réquisitionnées, c’est normal. Pour nous, il faut trois à quatre heures de queue pour récupérer de l’essence. L’autre crainte que l’on a, c’est de voir les débris sur les routes se transformer en projectiles lors du passage du prochain cyclone. » Le Français estime que 20 % des décombres ont été enlevés.

« On n’arrive pas à sécuriser tous les points »

Le major Metz, détaché à Marigot, a expliqué vendredi soir à l’AFP qu’entre pillage et rumeurs d’évacuation, « on n’arrive pas à sécuriser tous les points ». Les gendarmes vont être appuyés par des hélicoptères pour traquer les délinquants, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Selon le ministère de l’Intérieur, 1.105 personnes ont été déployées sur place, dont 300 sapeurs-pompiers, 65 techniciens et ingénieurs d’EDF, 74 ingénieurs spécialisés dans les crises, 384 gendarmes et une trentaine de personnels de santé.