Colombie: un cessez-le feu rapide avec les Farc, une option très improbable

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Publié le 6 septembre 2012.

L'instauration d'un cessez-le feu en Colombie, que la guérilla des Farc a proposé jeudi de sceller au début des négociations de paix en octobre, reste une option très improbable pour le gouvernement, déterminé à ne pas relâcher la pression.

Pour la première fois depuis l'officialisation du dialogue de paix visant à terminer un conflit de près d'un demi-siècle, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont dévoilé leur intention de réclamer un arrêt des hostilités durant les négociations, prévues en Norvège puis à Cuba.

"Le cessez-le-feu, nous allons le proposer dès que nous serons assis à la table", a lancé l'un des commandants de la rébellion marxiste, Mauricio Jaramillo, lors d'une conférence de presse à La Havane.

Mais cet objectif risque fort de se heurter au refus des autorités, échaudées par l'échec fracassant il y a dix ans des dernières négociations qui s'étaient déroulées dans une région démilitarisée de Colombie et avaient permis aux Farc de se renforcer, selon le gouvernement.

A mi-mandat avant les élections de 2014, le président colombien Juan Manuel Santos a martelé à plusieurs reprises qu'il n'allait pas "répéter les erreurs du passé" et que l'armée continuerait d'intervenir sur "chaque centimètre de territoire".

"Il est probable qu'un cessez-le feu n'intervienne qu'à la fin du processus de paix", a estimé Ariel Avila, analyste à la fondation Nuevo Arco Iris, spécialiste du conflit colombien, dans un entretien à l'AFP.

"Bien sûr, il y a le risque que le processus s'enraye en cas d'une attaque violente ou d'un attentat à la voiture piégée, mais il est aussi possible que les hostilités diminuent", poursuit cet expert.

L'appel à un cessez-le feu, revendication de longue date de la communauté internationale, a été lancé il y a une semaine en Colombie par plusieurs organisations qui y voient une garantie pour les négociations.

"Le gouvernement comme la guérilla doivent s'engager à suspendre les armes avec des mécanismes de vérification", a affirmé à l'AFP Carlos Lozano, ancien intermédiaire entre la guérilla et le gouvernement, membre de l'ONG Colombiens et Colombiennes pour la paix.

"Lorsqu'on est au milieu de la guerre, avec la possibilité d'actes de barbarie, cela affecte le déroulement du dialogue", a ajouté le directeur de l'hebdomadaire communiste La Voz.

Le représentant en Colombie des Nations unies, Todd Howland, a aussi récemment estimé que "les processus de paix fonctionnent mieux quand il y a un cessez-le feu".

Toutefois, selon M. Avila, un cessez-le-feu total "ne peut se produire rapidement, d'autant plus que la Colombie va entrer dans une période électorale", où le débat s'annonce vif avec les partisans de l'ex-président Alvaro Uribe, qui a taxé le gouvernement de "laxisme" face au "terrorisme".

Ex-ministre de la Défense de M. Uribe, dont il s'est démarqué en prônant une solution négociée, M. Santos entend toutefois conserver les acquis de l'armée qui, avec l'aide militaire des Etats-Unis, a réussi à diviser de moitié en dix ans les rangs de la guérilla, encore forte d'environ 9.000 combattants.

Depuis l'annonce du dialogue avec la rébellion, les autorités continuent d'engranger les succès militaires. Cette semaine, au moins une dizaine de guérilleros ont été tués dans deux opérations, dont un proche de leur chef suprême Rodrigo Londoño alias "Timochenko".

Pour le ministre colombien de la Défense, Juan Carlos Pinzon, ces opérations démontrent "la volonté des forces publiques de travailler sans relâche contre toute organisation qui s'en prend au peuple colombien".

© 2012 AFP
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