Norvège: Le procès d'Anders Breivik s'achève, le verdict sera connu le 24 août

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Publié le 22 juin 2012.

JUSTICE - Jeudi, le procureur a préconisé l'internement psychiatrique de l'accusé...

Le procès d'Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes l'an dernier,  s'est achevé ce vendredi avec la plaidoirie de la défense. Le fondamentaliste sera fixé sur son sort le 24 août.

>> Les moments maquants du procès d'Anders Breivik

A l'issue d'une plaidoirie de deux heures et demie au dernier jour du procès, 11 mois tout juste après le carnage du 22 juillet 2011, l'avocat Geir Lippestad a demandé à la Cour de ne pas suivre le réquisitoire du Parquet qui a préconisé jeudi l'internement psychiatrique. Par pure formalité, Me Lippestad a aussi demandé l'acquittement de l'extrémiste de droite, une demande irréaliste mais incontournable dans la mesure où l'accusé plaide non-coupable, ou, à défaut, la peine de prison «la plus clémente possible».

«On peut tous être d'accord que le 22/7, c'est une action barbare»

Le passage de la plaidoirie a donné lieu à un épisode déconcertant puisque l'avocat a omis de demander formellement l'acquittement, provoquant une vive réaction de Breivik, et ce n'est qu'en réponse à une question de la juge Wenche Elizabeth Arntzen, qu'il a finalement confirmé cette demande.

Après la plaidoirie, cinq témoins se sont succédé à la barre. Dans des récits déchirants ils ont raconté comment ils avaient tous perdu un proche dans les attaques du 22 juillet. A son tour l'accusé à pris la parole pour ses remarques finales provoquant le départ du prétoire de plusieurs dizaines de membres du public, familles des victimes et rescapés du massacre.

 «On peut tous être d'accord que le 22/7, c'est une action barbare», a reconnu Breivik qui s'est ensuite lancé dans une tirade idéologique, déplorant la perte de valeurs depuis la Seconde Guerre mondiale, la révolution sexuelle aux dépens de la famille traditionnelle. «Le modèle démocratique européen ne fonctionne pas. Il faut un changement fondamental de direction», dit-il.

Attaques «atroces mais nécessaires»

Dans la matinée, Me Lippestad avait, comme attendu, consacré l'essentiel de sa plaidoirie à tenter de prouver que l'extrémiste de 33 ans est suffisamment sain d'esprit pour être tenu pénalement responsable des attaques du 22 juillet.

Ce jour-là, Breivik avait ouvert le feu sur des jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur l'île d'Utoeya, faisant 69 morts, des adolescents pour la plupart. Juste avant, il avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo, tuant huit autres personnes. Jugeant ces attaques «atroces mais nécessaires» pour protéger la Norvège contre le multiculturalisme et «l'invasion musulmane», Breivik reconnaît les faits mais refuse de plaider coupable.

Déclaré psychotique par une première expertise officielle ensuite contredite par une contre-expertise, il tient par-dessus tout à être déclaré pénalement responsable pour ne pas voir son idéologie invalidée par une pathologie mentale. L'asile ou la prison? En dernier ressort, il reviendra aux juges de trancher cette délicate question dans leur verdict.

 

M.Gr. avec AFP
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