Mort de Ben Laden: «Le combat contre le terrorisme doit continuer» estime le porte-parole du gouvernement marocain

Publié le 2 mai 2011.

INTERVIEW - Khalid Naciri, ministre de la communication et porte-parole du gouvernement marocain, réagit pour 20 Minutes à la mort d’Oussama ben Laden...

De notre envoyée spéciale à Marrakech

Comment réagissez-vous à la mort de Ben Laden?
Evidemment, ce n’est pas une nouvelle qui nous attriste. Le monde entier a souffert des effets de cet homme et des organisations qu’il a créées. J’exprime ici le sentiment de l’ensemble du peuple marocain, qui ne peut trouver une quelconque légitimité à des actes qui consistent à tuer des innocents et déstabiliser les relations internationales par des actions ne reposant sur aucun fondement.

Cette nouvelle a un écho particulier au Maroc, où un attentat a été commis jeudi dernier…
Oui. Notre pays, ainsi que les pays dont des ressortissants ont été tués, sont encore meurtris par le coup particulièrement violent auquel ils ont été confrontés.  Nous espérons que la mort de Ben Laden servira à introduire un élément de stabilisation internationale, et que les personnes embrigadées dans la voie du terrorisme vont se rendre compte que c’est une voie sans issue. 

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La mort de Ben Laden ne signifie pas pour autant la fin du terrorisme…
En effet, ce n’est pas parce que le chef de la bande a été tué que le problème est résolu. Car Ben Laden n’est pas l’unique raison de cette dérive qu’est le terrorisme international. Les motivations politiques, sociales, idéologiques, économiques et psychologiques vont garder unecertaine autonomie pour survivre à Ben Laden. Donc le combat doit continuer avec la même détermination pour extirper le mal à la racine. 

On ignore encore qui sont les commanditaires et les exécutants de l’attentat de Marrakech. La piste d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a été évoquée. Est-elle toujours envisagée?
Oui. Les pistes envisagées restent les mêmes aujourd’hui. A la lumière des premières conclusions de l’enquête, celle d’Al Qaïda au Maghreb islamique garde son entière validité.

Mais la vidéo dans laquelle Aqmi proférait des menaces à l’encontre du Maroc, diffusée quelques jours avant l’attentat, serait en fait un vieil enregistrement…
Qu’il y ait eu des menaces sur Internet avec cette vidéo ou pas ne change pas grand-chose pour nous, car le coup est parti et a tué des gens. Donc nous n’y prêtons pas une grande attention. 

L’attentat de Marrakech puis la mort de Ben Laden interviennent au moment où vous deviez entamer des tractations pour accorder de nouvelles grâce à des salafistes, après celles accordées mi-avril. Cela va-t-il stopper le processus?
Je ne peux pas vous répondre là-dessus, c’est encore trop tôt pour me prononcer.

Redoutez-vous une réaction particulière de leur part après la mort de Ben Laden?
Il ne faut pas être naïf, le risque d’une réaction violente des salafistes existe, ne serait-ce que pour se venger. Mais il ne faut pas surestimer la menace. Ces salafistes sont sous contrôle. Plusieurs dizaines sont en prison. Mais plusieurs dizaines d’autres ont fait amende honorable et ont donc été graciés.

 

Faustine Vincent
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