Maroc: «L'attentat ne va pas remettre en cause le processus démocratique»

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Publié le 29 avril 2011.

TERRORISME – Mansouria Mokhefi, responsable du programme Moyen-Orient/Maghreb à l’Institut français des relations internationales (Ifri), a répondu aux questions de 20 Minutes sur l’attentat qui a fait 16 morts jeudi…

Qui peut être derrière cet attentat?
C’est difficile de dire qui est responsable de cet attentat et quels intérêts il sert. On peut, c’est vrai, regarder du côté d’Aqmi, car ils ont été pris au dépourvu par les révolutions arabes dont ils ne sont pas partie prenante. Ils pourraient avoir envie de se signaler, dire «il faudra faire avec nous». D’autant que les autorités marocaines ont fait savoir, avant cet attentat, qu’il y avait des menaces d’Aqmi au Maroc. Une cache d’arme  a même été trouvée au Sahara occidental. Ceci dit, en général, Aqmi revendique ses attentats.  Il y a peut-être une volonté, aussi, de déstabiliser un pays qui opère une révolution tranquille, en douceur.

>> Lire ici les témoignages d'expatriés marocains

Quel est le message envoyé?
Ce qui est clair, c’est le côté symbolique et emblématique de la place Djema’a el-Fina de Marrakech, une ville impériale, dans un restaurant surtout fréquenté par les touristes et à un moment où partout dans le monde arabe, il y a des demandes pour plus de démocratie. Et Marrakech, c’est Paris: pour des gens qui y ont des résidences secondaires mais aussi pour les Français moyens qui sont nombreux à venir, ce n’est qu’à deux heures de vol. C’est la capitale du tourisme, avec des cafés modernes, une jeunesse qui se mélange. Pour certains, c’est le symbole du Maroc vendu aux touristes. La cible de l’attentat, ce n’est pas la population marocaine, ce sont les touristes.

Quelles peuvent être les conséquences?
Elles sont d’abord économiques. On l’avait observé après les attentats de Casablanca en 2003. Cet acte va atteindre le Maroc dans son économie. Les Occidentaux vont avoir peur de se rendre dans le pays, c’est humain. Politiquement, l’attentat ne va pas remettre en cause le processus démocratique. Les demandes de la société civiles sont telles qu’aucun retour en arrière ne sera possible. Aucun frein ne sera accepté.

Propos recueillis par Maud Pierron
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