Au Mali, les islamistes poursuivent les destructions à Tombouctou, et posent des mines autour de Gao

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Publié le 3 juillet 2012.

MONDE - La population cherchent à fuir Gao, mais les islamistes l'empêchent de quitter la ville et l'utilise maintenant comme bouclier humain, pour se protéger d'une contre-offensive de la rébellion touareg...

Les islamistes qui contrôlent le nord du Mali ont poursuivi lundi la destruction de bâtiments religieux musulmans à Tombouctou et posé des mines autour de la ville de Gao pour se protéger d'éventuelles attaques de rivaux touareg ou de soldats d'une force ouest-africaine.

 

A Tombouctou, dans le nord-ouest du pays, après avoir démoli pendant le week-end sept des seize mausolées de saints musulmans, les islamistes du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) ont franchi une étape supplémentaire en brisant la porte d'entrée d'une des trois plus grandes mosquées de la ville.

Moins d'une semaine après de violents combats (au moins 35 morts) le 27 juin à Gao, dans le nord-est, avec la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), forcée d'abandonner la ville, les islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) ont disposé des mines aux alentours de Gao pour, selon le MNLA, empêcher une contre-offensive de sa part.

Les islamistes empêchent les gens de quitter Gao

Ansar Dine et le Mujao, qui contrôlent désormais les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali -Tombouctou, Gao et Kidal- sont alliés à Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), présente dans la région depuis plusieurs années. «Aqmi et Mujao, qui contrôlent Gao, ont miné les alentours de la ville. Beaucoup de gens cherchent à fuir, à prendre des bus pour gagner Bamako, mais les islamistes les empêchent de quitter la ville», a déclaré Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA basé à Paris.

Un porte-parole du Mujao a confirmé sur RFI la pose de mines, affirmant qu'elle devait empêcher une contre-attaque du MNLA. Un responsable ouest-africain de la sécurité a lui aussi confirmé à l'AFP cette information. «Pour prévenir une éventuelle attaque des forces de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) et de bandes armées rivales, le Mujao a posé des mines par endroits autour de Gao», a-t-il indiqué. Les dirigeants de la Cédéao ont exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter une résolution permettant l'envoi d'une force régionale au Mali.

La population, «bouclier humain»

«Nous ferons tout pour récupérer notre territoire», a déclaré à l'AFP le ministre malien des Affaires étrangères Sadio Lamine Sow à l'issue d'une visite de deux jours à Alger. Interrogé plus précisément sur un possible engagement d'Alger dans l'option militaire, le ministre s'est refusé à toute réponse. Selon le porte-parole du MNLA, «après les destructions criminelles de mausolées de saints musulmans, [les islamistes] utilisent maintenant la population comme otage, comme bouclier humain, pour se protéger d'une contre-offensive du MNLA».

La porte en bois de la mosquée de Sidi Yahia de Tombouctou, détruite lundi à coups de pioches par les islamistes selon des témoins, était fermée depuis des décennies car, selon des croyances locales, son ouverture éventuelle porterait malheur. La mosquée Sidi Yahia fait partie des trois grandes mosquées de Tombouctou, avec celles de Djingareyber et Sankoré. Toutes trois figurent sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Des saints sont enterrés dans les mosquées de Djingareyber et Sidi Yahia, selon un expert malien.

© 2012 AFP
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