Malgré les critiques de la Ligue arabe, la coalition occidentale dit avoir réussi à faire appliquer avec succès ce dimanche la zone d'exclusion aérienne en Libye. Un cessez-le-feu a été prononcé ce dimanche soir par l’armée libyenne, mais les Etats-Unis ont refusé de le reconnaître, des tirs et des explosions ayant été entendues peu après à Tripoli et Benghazi.
Conséquences des frappes aériennes françaises dans l'Est de la Libye, les bataillons fidèles à Mouammar Kadhafi ont fui les abords de Benghazi, bastion de la rébellion. Les insurgés ont progressé en direction d'Ajdabiah, dont ils ne seraient plus qu'à une dizaine de kilomètres.
Mais les blindés de l'armée régulière sont entrés dans le centre de Misrata, la plus grande ville tenue par les insurgés à l'ouest du golfe de Syrte. Le contrôle de la ville faisait l'objet d'une violente bataille ce dimanche. Selon un porte-parole des insurgés, Abdelbasset, Mouammar Kadhafi «recourt à la stratégie de la terre brûlée, incendiant et détruisant tout ce qui se trouve sur son chemin».
De leur côté, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis sont entrés en action samedi en fin de journée en Libye. La coalition dit cibler des objectifs militaires, notamment des bases aériennes et défenses antiaériennes, pour tenter de contraindre les forces de Mouammar Kadhafi à cesser les attaques contre l'insurrection. Mais le régime libyen affirme que des civils sont visés par ces frappes et que 64 d'entre eux sont morts depuis samedi.
Si l'amiral Mike Mullen, chef d'état-major interarmes de l'armée américaine, a concédé que l'opération pourrait déboucher sur une impasse, il s'est cependant réjoui de la rapidité avec laquelle la coalition avait imposé la zone d'exclusion aérienne. L'état-major français a affirmé ce dimanche que la quinzaine d'avions de chasse n'avait rencontré aucune difficulté particulière lors de ses premières missions.
Vingt des vingt-deux objectifs visés samedi par les missiles Tomahawk des armées américaine et britannique ont été atteints, a déclaré le porte-parole du commandement Afrique de l'armée américaine, qui assume le commandement de l'opération. Les Etats-Unis le transféreront «dans les tous prochains jours», a dit un haut responsable militaire américain, sans doute à la France et à la Grande-Bretagne. Les raids aériens vont se poursuivre, a-t-il ajouté.
D'autres pays devraient y contribuer dans les heures à venir: Italie, Danemark et surtout Qatar, dont la coalition s'est empressée d'annoncer le déploiement de quatre chasseurs, comme pour souligner le soutien arabe.
Pour sa part, Mouammar Kadhafi ne décolère pas. «Il s'agit d'une croisade contre le peuple musulman, particulièrement contre le peuple libyen», a affirmé le dirigeant libyen ce dimanche dans une allocution. «Nous sommes prêts à une longue guerre. Vous serez vaincus et vous battrez en retraite», a-t-il ajouté à l'intention de «l'alliance des croisés».