Quel avenir immédiat pour la Libye? L’incertitude est grande ce vendredi: la résolution 1973 de l’ONU était à peine votée jeudi soir que les autorités libyennes proclamaient ce vendredi midi un cessez-le-feu et la suspension de leurs opérations militaires. Coup de bluff ou pas, 20minutes.fr explore les différents scénarios possibles.
Coup de bluff, Kadhafi poursuit les combats
La résolution des Nations unies est prévue pour ce cas de figure. Celle-ci instaure notamment une zone d’exclusion aérienne, c’est-à-dire l’interdiction de tout trafic aérien au-dessus de la Libye, comme cela a déjà été le cas en Irak ou en ex-Yougoslavie. En cas de vol d’un avion de combat libyen, «des règles d’engagement» vont être établies pour savoir dans quelles conditions intervenir, explique Bruno Tertrais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. «Cela peut également nécessiter, selon l’évaluation qui en sera faite, la destruction de batteries anti-aériennes, mais pas forcément des opérations contre les bases aériennes libyennes», ajoute-t-il. La résolution précise que «toutes les mesures nécessaires» peuvent être utilisées. «Il n’y aura pas de forces d’occupation terrestre, mais rien n’interdit la présence d’éléments au sol, comme des forces spéciales sans que cela soit une présence visible», ajoute le chercheur.
Le cessez-le-feu est effectif, les troupes de Kadhafi se retirent de la Cyrénaïque (est de la Libye)
Avec une telle décision, les forces étrangères n’auraient plus de bases juridiques pour poursuivre les opérations militaires. «On pourrait alors se diriger vers une sécession de fait de la région de Benghazi que Mouammar Kadhafi ne contrôlerait plus», estime Bruno Tertrais. Mais cela permettrait au dirigeant libyen de rester au pouvoir dans une grande partie du pays, replacé de nouveau en situation d’isolement international. C’est le scénario «le plus crédible», pour le chercheur.
Kadhafi se retire, mais les insurgés veulent tout de même le renverser
Même si Mouammar Kadhafi apaise la situation en regagnant ses pénates, les insurgés pourraient tout de même avoir envie d’en découdre. D’après Bruno Tertrais, «même s’ils ne sont pas prêts à poursuivre leurs actions jusqu’à ce que le dirigeant libyen quitte le pouvoir, les pays occidentaux ne devraient pas faire pression contre les insurgés». «Vu les retournements successifs du dirigeant libyen, on aurait tout de même peur d’arrêter le processus», ajoute le chercheur. Hillary Clinton a rappelé ce vendredi que l’«objectif final» de la résolution de l’ONU, c’est le départ de Mouammar Kadhafi, et que celle-ci n’était qu’une «étape importante».