Un «partenaire indispensable»
Reste qu’aux yeux de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Italie, la Libye est passée en quelques années du statut de paria à celui de «partenaire indispensable». «On ne peut plus se comporter avec la Libye comme avant 2003, explique Alain Joyandet à 20 Minutes depuis Tripoli. Ce pays va dans la bonne direction, et on a besoin de lui sur différents dossiers : la lutte contre Al-Qaida, qui renforce sa présence au Sahel, l’immigration clandestine et le règlement des conflits régionaux en Afrique». «Les contrats et le pétrole jouent aussi un grand rôle», rappelle l’ex-ambassadeur André Lewin.
Les efforts du Guide libyen l’ont-ils rendu fréquentable pour autant ? «Il est fréquenté, tout de même», glisse-t-on au Quai d’Orsay. Pragmatique, Alain Joyandet explique: «Je fais le déplacement à Tripoli, et le président Sarkozy l’a reçu à l’Elysée. C’est donc que Kadhafi est fréquentable. Même si tout est relatif et qu’il reste sans doute des efforts à faire». De fait, les organisations de défense des droits de l’homme n’ont de cesse de dénoncer les exactions d’un régime autoritaire qui continue d’emprisonner et torturer ses opposants. Mais, comme l’a déclaré le Premier ministre lors de la venue controversée de Kadhafi à Paris en 2007, les «donneurs de leçon» sont désormais invités à «tourner sept fois leur langue dans leur bouche» avant de jouer les trouble-fête.
95 % des hydrocarbures sont exportés et représentent 75 % du budget de l’Etat. 1,72 millions de barils de pétrole sont produits par jour. La Libye est le deuxième producteur de pétrole d’Afrique.
40 opérateurs étrangers environ, venant du monde entier, ont participé à quatre rounds d’attribution aux enchères de champs d’exploration.
30 % le taux de chômage (estimation).
56e rang mondial sur l’Indice de développement humain.
9 600 $ Le PIB par habitant en 2007.
90 % des besoins en nourriture et équipements sont importés.
10,4 % en moyenne d’inflation en 2008.