Vidéo anti-islam: «Ce ne sont que des caricatures débiles et crétines»

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Publié le 12 septembre 2012.

DECRYPTAGE - Le film d'un Israélo-Américain sur l'islam a embrasé la Libye et l'Egypte mardi...

Sam Bacile aura réussi son pari. Le film de ce promoteur immobilier israélo-américain de 52 ans, L’Innocence des musulmans, dont le but était de montrer que l’islam est une religion de haine, a mis le feu aux poudres mardi en Egypte et en Libye où de violentes manifestations ont éclaté et notamment provoqué la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi.

Après le visionnage d’une compilation d’extraits de treize minutes, Malek Chebel, anthropologue des religions et spécialiste de l’islam, a évoqué auprès de 20 Minutes, son écœurement. «C’est déprimant comme niveau, ce ne sont que des caricatures débiles et crétines, c’est mal fait et malhonnête», a-t-il réagi.

«Les musulmans sont violemment pris à partie dans leurs croyances»

«Il y a toujours eu des allusions et des critiques, surtout écrites, sur la véracité du coran, sur la vie du prophète, mais ici, il s’agit d’une vidéo où les musulmans sont violemment pris à partie dans leurs croyances, sans aucune pédagogie», ajoute l’auteur de L’islam pour les nuls (First, 2008).

Pour Dominique Thomas, chercheur à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), ce film «touche à des aspects du sacré» et le contexte actuel, entre les commémorations du 11-Septembre et la mort du numéro deux d’al-Qaida, contribue «largement à provoquer l’ire» des islamistes. Mais «le malaise est beaucoup plus important envers les Etats-Unis et leur diplomatie dans cette région», explique-t-il à 20 Minutes.

«Le phénomène va se répéter»

Le film de Sam Bacile, étincelle «décuplée par le phénomène Internet», fait désormais partie de «cette foule de sujets sur lesquels le ressentiment des populations s’exprime et qui peut embraser une capitale», poursuit Dominique Thomas. «Depuis le printemps arabe, le terrain politique est à ciel ouvert et, grâce à sa liberté d’expression retrouvée, la rue reprend le devant de la scène, parfois instrumentalisée, avec ses débordements», ajoute le chercheur qui estime que «le phénomène va se répéter».

Même son de cloche pour Malek Chebel qui juge cependant que les musulmans ont «tort de réagir à ce film qui est mis dans une perspective de guerre des religions, mais ceux qui le font répondent à une insulte et ont raison de s’en offusquer». «Nous sommes dans le cadre d’une confrontation entre fondamentalistes et c’est le plus trash qui a le dessus, les types qui ont fait ce film voulaient provoquer cela», déplore-t-il.  

>> Les extraits du film controversé sont à voir ci-dessous

Corentin Chauvel
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