Au Sud-Liban, le ministre de la Défense confirme le maintien des soldats français

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Publié le 14 septembre 2012.

PROCHE-ORIENT - 850 hommes assurent, sous l'égide de l'ONU, le maintien de la paix dans une zone sensible mais calme en ce mome...

De nos envoyés spéciaux au Liban

Pour sa première tournée au Proche-Orient, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a tenu vendredi à rendre visite aux 850 soldats français de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL, lire encadré). Outre l’hommage aux hommes, l’objectif du ministre était de réaffirmer le soutien de Paris à ce dispositif chargé de veiller à la paix sur le territoire sensible du Sud-Liban. Après un passage à l’Etat-major de Naqoura, le ministre s’est rendu en hélicoptère à la Force commander reserve (FCR) de Dayr Kifa, un site à une trentaine de kilomètres de la frontière israélienne où 700 soldats hexagonaux assurent les interventions d’urgence de la Finul.

>> Lire également notre interview de Jean-Yves Le Drian

Un secteur calme

L’occasion d’y constater que «le secteur n’a jamais été aussi calme». Selon le colonel Philippe François, le Sud-Liban «serait même la région la plus calme du pays» en ce moment. «C’était un front, aujourd’hui, c’est l’arrière», dit-il en faisant observer que les moyens de détection français n’ont pas repéré de tirs de roquettes ou d’artillerie de part et d’autre de la «blue line», la frontière israélo-libanaise depuis novembre 2011. «On ne voit absolument pas d’activités de la branche armée du Hezbollah.» Les incursions aériennes israéliennes de chasseurs ou de drones sont, elles, «quotidiennes». Mais les aéronefs israéliens assurent des missions d’observation et n’occasionnent aucun échange de feu.

Le poids du Hezbollah

Sur le terrain, les nombreux drapeaux jaunes frappés d’une kalachnikov, qui parsèment les routes, démontrent le poids persistant du Hezbollah, pro-syrien, dans cette région majoritairement chiite. Les militaires français se félicitent de ne pas avoir subi d’incidents depuis décembre lorsqu’un engin explosif artisanal a blessé cinq hommes. «On a observé un changement de perception de la population à qui l’on donne notamment des cours de français», avance le colonel François.

Des patrouilles conjointes

«Tout est maîtrisé dans la zone. Manifestement, les Forces armées libanaises (FAL) [armée régulière libanaise] remplissent leur mission, il y a une vraie montée en puissance», poursuit l’officier français qui ne donne pour autant aucun chiffre sur le nombre de militaires libanais dans le secteur. Avant la guerre de 2006, les FAL n’étaient pas présentes au Sud. Aujourd’hui, 85% des patrouilles françaises sont menées conjointement avec elles. La Finul leur assure aussi des formations. Car, «à terme», précise Jean-Yves Le Drian, ce sont les FAL qui devront «assurer la sécurité du pays». Pas question donc de diminuer les effectifs français, déjà réduits de 300 hommes au cours des six derniers mois. Et ce, malgré le calme apparent.

Une distanciation pour l’heure consensuelle

«L’Etat libanais ne tiendra bien que s’il y a des FAL vigoureuses, bien structurées», avait déclaré la veille le ministre français de la Défense à Beyrouth qui a indiqué que la France renforcerait encore sa coopération militaire bilatérale. «Dans la période de crise au Proche-Orient, il importe que le Liban garde sa stabilité, sa souveraineté pleine et entière.» Un message clair à destination de Damas. Cette «distanciation» vis-à-vis du voisin syrien, le ministre français assure qu’elle est partagée par toutes les forces libanaises, y compris par l’actuel gouvernement issu du «8 mars», une alliance du Hezbollah et de formations prosyriennes. «Tous les acteurs considèrent qu’ils auraient à perdre en cas de déstabilisation, glisse une source diplomatique. Y compris le Hezbollah, en position de fragilité vu ce qu’il se passe en Syrie.»

Alexandre Sulzer (texte) et Alexandre Gelebart (photo)

Forte de 12.000 soldats, la Finul, créée en 1978, a vu sa mission être renforcée en 2006 par la résolution 1701 de l’ONU. Elle doit aider les forces libanaises à prendre des mesures en vue de l’établissement d’une zone au Sud-Liban d’où sont exclus toute personne ou groupe armé, aider le gouvernement libanais à sécuriser ses frontières, surveiller la frontière israélo-libanaise, déminer le territoire sous son contrôle.

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