Japon: La menace nucléaire plane sur le pays

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Publié le 12 mars 2011.

SYNTHESE - Une centrale nucléaire a été touchée, au lendemain du séisme et du tsunami qui ont ravagé une partie du pays...

Après un séisme et un tsunami, le Japon pensait avoir, vendredi, vécu le pire. Au lendemain du déferlement qui a fait plus de 1.700 morts et disparus (dont 25 Français) dans le nord-est de l'archipel, la catastrophe naturelle s’est pourtant doublée d’un accident nucléaire dont la portée reste encore inconnue.

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Dans la matinée de samedi, une explosion et une fuite radioactive se sont produites à la centrale nucléaire de Daiichi, dans la province de Fukushima, sur la côte est de l’île de Honshu. Sur des images de la télévision, on voit une violente explosion dans la centrale, puis un nuage de vapeur s'élever au-dessus des installations, située à 240 km au nord de Tokyo, dans la préfecture de Fukushima qui a connu samedi une nouvelle réplique de magnitude 6.

Selon l’agence l'agence japonaise de sûreté nucléaire, l'incident qui a affecté la centrale de Daiichi est moins grave que ceux de Three Mile Island en 1979 et de Tchernobyl en 1986. Il a été classé au niveau 4 alors que celui de Three Mile Island, aux Etats-Unis, avait été classé au niveau 5 et l'accident de Tchernobyl, en Ukraine, au niveau 7, le plus élevé.

Distribution d’iode contre les radiations

Aussitôt, le secrétaire général du gouvernement, Yukio Edano, a précisé que l'explosion, qui a fait s'effondrer le toit du bâtiment principal de la centrale, ne s'était pas produite au niveau du caisson du réacteur. Selon lui, aucune fuite importante n'est à craindre. Mais il en faudra plus pour calmer les inquiétudes.

L’agence de sûreté japonaise fait ainsi état de neuf cas de personnes potentiellement victimes de radiations. L'Agence internationale de l'énergie atomique a quant à elle été informée que les autorités japonaises prenaient des dispositions en vue de distribuer de l'iode aux riverains des centrales nucléaires touchées par le séisme. Or, l'iode est efficace contre les effets des radiations nucléaires.

9.500 habitants d’une ville portés disparus

Par ailleurs, l'agence de presse Kyodo rapporte que 300.000 personnes environ ont été évacuées des zones touchées, dont 90.000 autour de la centrale de Daiichi. Elle fait état de 3.400 immeubles détruits ou gravement endommagés et de 200 incendies provoqués par le séisme, d'une magnitude de 8,9 sur l'échelle de Richter. Dans la seule ville de Minamisanriku, dans la préfecture de Miyagi, on est sans nouvelle de 9.500 personnes, soit la moitié de la population.

Ce samedi, les secouristes ont poursuivi les recherches des victimes le long des côtes, où des voitures et des bateaux ont été emportés comme des fétus de paille par le flot et encombrent aujourd'hui les rues ou les jardins de maisons submergées. A Iwanuma, près de Sendai, des rescapés ont tracé un grand SOS sur le toit d'un hôpital en partie recouvert par les eaux. Au large de la côte, un pétrolier est échoué sur un haut-fond. A terre, une camionnette se retrouve en équilibre instable sur un poteau. L'électricité et les téléphones portables sont hors service.

Assistance internationale

De son côté, la communauté internationale a commencé à dépêcher des équipes de secouristes sur place. Neuf experts vont se rendre au Japon au nom du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'Onu (Ocha).

En plus des équipes de secouristes et de chercheurs en provenance de quatre pays (Australie, Nouvelle-Zélande, Corée du Sud et Etats-Unis), dont la venue a été annoncé vendredi soir par les Nations unies, Singapour a indiqué qu’il allait envoyer dans l'archipel une équipe de secouristes en milieu urbain tandis que la Suisse a annoncé qu'elle dépêchait une équipe d'environ 25 experts en matière de secours et de santé accompagnés de neuf chiens spécialisés dans les recherches.

Londres va envoyer 63 spécialistes et deux chiens de sauvetage ainsi que onze tonnes d'équipements, y compris des engins de levage, et la France deux détachements de sécurité civile pour participer aux recherches. Tokyo a par ailleurs demandé à la Russie d'augmenter ses fournitures énergétiques au Japon à la suite du séisme, a déclaré le vice-Premier ministre russe Igor Setchine.

Nicolas Beunaiche, avec Reuters
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