C’est historique. Un représentant du gouvernement américain a pour la première fois assisté ce vendredi aux cérémonies marquant la destruction, il y a 65 ans, de la ville de Hiroshima (Japon) par une bombe atomique américaine qui a fait au moins 140.000 morts.
C’est l’ambassadeur des Etats-Unis au Japon, John Roos, qui a apporté une présence reflétant le soutien apporté par le président Barack Obama en faveur de la dénucléarisation. «Pour le bien des générations futures, nous devons continuer à oeuvrer ensemble en vue de réaliser un monde sans armes nucléaires», a indiqué John Roos dans un communiqué. Beaucoup au Japon espèrent que le président Barack Obama se rendra également à Hiroshima pendant sa visite dans l'archipel en novembre.
Mais cette présence inédite ne fut pas la seule. La France et la Grande-Bretagne avaient également dépêché des diplomates dans la ville martyre pour la première fois depuis la capitulation du Japon le 15 août 1945, en geste de soutien au mouvement en faveur du désarmement nucléaire mondial. De même que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui n’avait jamais assisté à la cérémonie organisée chaque année à Hiroshima.
«Pour beaucoup d'entre vous, ce jour reste aussi vivace que l'éclair blanc qui a incendié le ciel, et aussi sombre que la pluie noire qui a suivi», a déclaré Ban Ki-Moon. «Tant que les armes nucléaires continueront d'exister, nous vivrons dans l'ombre nucléaire».
Des représentants de plus de 70 nations étaient ainsi présents, ainsi que plusieurs dizaines de milliers de personnes, venues assister à l'émouvante cérémonie au Mémorial de la Paix. Le Japon, seul pays à avoir été la cible de deux attaques nucléaires - le 6 août à Hiroshima et le 9 août à Nagasaki - réclame depuis longtemps l'abolition de toutes les armes de destruction massive.
Les Etats-Unis, qui ont toujours affirmé que ces bombardements étaient nécessaires pour mettre fin à la guerre, n'ont jamais accepté de présenter des excuses pour les quelque 210.000 victimes, pour la plupart civiles, qui ont péri sur le coup ou des suites des radiations et des brûlures dans ces deux villes.
«Le Japon, en tant que seule et unique nation ayant été victime de bombardements atomiques en temps de guerre, a une responsabilité morale de mener le combat pour construire un monde sans armes nucléaires», a déclaré le Premier ministre japonais, Naoto Kan, dans un discours.
Une minute de silence a été observée à 8h15, heure locale, instant précis où la bombe a explosé au-dessus de la ville le 6 août 1945. Elle a été suivie d'un discours du maire de Hiroshima, Tadatoshi Akiba, et par le lâcher de 1.000 colombes dans un geste symbolique de paix.
On estime à 140.000 le nombre de personnes mortes instantanément ou des suites des brûlures atroces et des radiations à Hiroshima , et à plus de 70.000 le nombre de victimes de la bombe au plutonium larguée trois jours plus tard sur Nagasaki, à 300 km plus à l'ouest.