Mer de Chine: Pékin envoie deux patrouilleurs près d'îles achetées par Tokyo

0 contributions
Publié le 11 septembre 2012.

Pékin a dépêché deux navires de patrouille en mer de Chine orientale à proximité d'îles que Tokyo a annoncé mardi avoir achetées, dans un climat de détérioration des relations entre les deux géants asiatiques.

Cette action "vise à affirmer la souveraineté (territoriale)" de la Chine, a rapporté l'agence officielle Chine nouvelle. Ces îlots inhabités sont nommés Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois.

Les navires envoyés ne relèvent pas de la marine de guerre chinoise mais de l'Administration océanique d'Etat (SOA), placée sous l'autorité du ministère du Territoire et des ressources naturelles.

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a prévenu lundi que Pékin ne céderait "jamais un centimètre carré" dans le différend qui l'oppose au Japon en mer de Chine orientale.

Les îles Diaoyu/Senkaku sont contrôlées par Tokyo mais revendiquées par la Chine et Taïwan. Leurs eaux sont très poissonneuses et leur sous-sol marin pourrait renfermer des gisements d'hydrocarbures.

Tokyo a affirmé mardi avoir finalisé l'achat des îles controversées, au terme d'un accord avec une famille japonaise qu'il considérait être les propriétaires privés.

De son côté Taïwan, territoire considéré comme sien par la Chine mais indépendant de fait, a déclaré mardi "protester vigoureusement" contre la nationalisation de ce mini-archipel, sur le budget de l'Etat japonais.

"L'acte unilatéral et illégal du Japon ne peut remettre en cause le fait que les îles Diaoyu appartiennent à la République de Chine (le nom officiel de Taïwan)", a affirmé Timothy Yang, le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

Le groupe d'îles avait été au centre d'une vive controverse en 2010 entre les deux géants asiatiques à la suite d'une collision dans ces parages entre un chalutier chinois et deux navires des garde-côtes nippons.

La situation est de nouveau tendue actuellement, alors que des échéances politiques des deux côtés font monter la fièvre: des élections législatives anticipées doivent se tenir au Japon et la Chine connaîtra en octobre une transition décennale au sommet du pouvoir.

Plusieurs villes chinoises ont été le théâtre mardi de manifestations antijaponaises, de tels rassemblements en Chine étant presque toujours téléguidés plutôt que spontanés. L'affluence n'a pas dépassé quelques dizaines de personnes.

En dépit de l'apparente radicalisation autour des Diaoyu/Senkaku, en dépit des protestations diplomatiques et des menaces belliqueuses, la situation ne devrait pas déraper, estime toutefois Jonathan Holslag, spécialiste de la Chine au Brussels Institute of Contemporary China Studies (BICCS).

"Malgré tout le nationalisme, les Chinois ne sont certainement pas prêts à une confrontation -- du moins pas pour l'instant", a-t-il assuré à l'AFP.

"La plupart des dirigeants à Pékin sont soulagés que le gouvernement japonais ait acheté les îles Senkaku/Diaoyu. Le déploiement de quelques navires de patrouille dans les parages des îles était quasiment inévitable mais, désormais, au moins il n'existe plus de risque qu'un responsable politique nationaliste japonais prenne le contrôle de ces îles".

En mai dernier, le gouverneur de Tokyo Shintaro Ishihara, connu pour ses vues nationalistes, avait annoncé son intention de racheter les îles controversées pour mettre un coup d'arrêt aux "intentions hégémoniques chinoises".

Ces dernières années Pékin a eu recours à diverses reprises à des patrouilleurs, notamment des navires de surveillance des pêches, pour affirmer ses droits territoriaux maritimes, lors de pics de tensions.

Certains de ces navires sont dotés de technologies avancées et peuvent parfois embarquer des hélicoptères, mais il ne s'agit pas de bâtiments de guerre, ce qui représenterait une grave escalade dans les frictions récurrentes en mer de Chine.

© 2012 AFP
Newsletter
La MATINALE

Recevez chaque matin
l'actualité du jour

publicité
publicité
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr