Le Canada monte en première ligne face à l'Iran

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Publié le 8 septembre 2012.

Le Canada, allié fidèle d'Israël, est monté en première ligne des pays occidentaux face à l'Iran en suspendant vendredi ses relations diplomatiques avec Téhéran et en expulsant les diplomates iraniens encore présents à Ottawa.

Le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé la fermeture immédiate de l'ambassade à Téhéran, invoquant notamment l'"aide militaire croissante" de l'Iran au régime syrien, le programme nucléaire controversé de la République islamique et les menaces proférées par le régime contre Israël.

Les huit diplomates canadiens en poste à Téhéran ont déjà quitté l'Iran et les 17 diplomates iraniens à Ottawa ont cinq jours pour partir, a annoncé le ministère.

Téhéran a dénoncé la décision d'Ottawa en accusant le gouvernement canadien d'être "sous l'influence du régime sioniste".

"Le gouvernement actuel du Canada est un gouvernement extrémiste (...) influencé par le régime sioniste, qui prend des mesures pour faire pression sur le peuple iranien et créer des problèmes aux ressortissants de notre pays", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires, Ramin Mehmanparast, en ajoutant que l'Iran allait apporter une "réponse adéquate" à Ottawa.

Le Canada a annoncé aussi avoir inscrit l'Iran sur la liste des entités "qui soutiennent le terrorisme". Dans la soirée, le ministère canadien des Affaires étrangères a précisé que la Syrie était également ajoutée à cette liste qui permet notamment aux victimes d'actes de terrorisme de poursuivre les responsables devant les tribunaux canadiens pour obtenir réparation.

Les récriminations du Canada à l'endroit de l'Iran sont nombreuses et datent d'une quinzaine d'années, mais une détérioration "aussi significative" des relations bilatérales est surprenante, confie à l'AFP Houchang Hassan-Yari, professeur de relations internationales au Collège militaire royal du Canada.

Dans les années 1990, rappelle-t-il, l'Iran était le principal partenaire commercial du Canada au Moyen-Orient. Mais la mort en détention à Téhéran en 2003 de la photo-journaliste canadienne d'origine iranienne, Zahra Kazemi, avait sérieusement entaché ces relations.

Depuis 2006, date de l'arrivée au pouvoir à Ottawa du Parti conservateur, résolument pro-israélien, le Canada a "abandonné le suivisme par rapport aux Etats-Unis" dans la région du Moyen-Orient "et prend des initiatives indépendantes", ajoute Ali Dizboni, spécialiste de la politique étrangère canadienne dans le même établissement.

Geste bien accueilli en Israël

Un porte-parole du département d'Etat américain, Patrick Ventrell, a cependant déclaré que Washington avait été prévenu de la décision canadienne. "Nous voulons que tous les pays se joignent à nous pour isoler l'Iran (...), il existe différentes façons de le faire et les Canadiens nous ont contactés au sujet de leur décision".

Le geste unilatéral d'Ottawa a été bien accueilli en Israël, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité le Canada, ainsi que par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), qui a parlé d'un "acte courageux".

Ottawa "dans ce dossier va beaucoup plus loin que la plupart des pays occidentaux et c'est un signe clair du choix du gouvernement", considère M. Hassan-Yari.

Cela s'explique, selon lui, par le fait qu'"il n'y a plus d'opposition sérieuse" à "ce genre de décisions" au Canada, ni dans la classe politique, ni au sein de la communauté iranienne locale, forte de plus de 100.000 personnes.

Ces dernières années, le Canada, à l'instar de la communauté internationale, a appliqué toute une série de sanctions contre l'Iran, en raison des inquiétudes que suscite son programme nucléaire.

La République islamique est soupçonnée de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran dément catégoriquement.

© 2012 AFP
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