Manifestations en Iran: Reporters sans frontières dénonce des arrestations arbitraires

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Publié le 29 décembre 2009.

HEURE PAR HEURE - Les derniers événements après les manifestations antigouvernementale de dimanche en Iran...

Ce live est maintenant terminé.

18h30: Reporters sans frontières (RSF) dénonce les arrestations et la censure «des témoins du bain de sang du 27 décembre»
L’organisation souligne l'arrestation de plusieurs journalistes, et ajoute que «la violence des forces de l’ordre a également été accompagnée par une vague de cyberattaques».

«Les autorités veulent supprimer les témoins de la répression, pour continuer à commettre les pires atrocités, en toute impunité. La place d’Emadoldin Baghi et de ses confrères n’est pas en prison», déclare RSF dans un communiqué.

«En parallèle des arrestations, plusieurs fournisseurs d’accès du pays ont coupé les connections. Le 27 décembre, la perturbation était sans précédent: la plupart des sites d’informations indépendants, ou considérés proches de l’opposition, ont été rendus inaccessibles depuis l’Iran, victimes d’attaques systématiques provenant de ‘serveurs inconnus’», affirme RSF.

18h15: Les Gardiens de la révolution et le Bassidj prêts à s'en prendre à l'opposition
Les Gardiens de la révolution (armée idéologique du régime) et le Bassidj (milice islamique) sont «totalement prêts» à intervenir contre l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad. «Le corps des Gardiens de la révolution et le Bassidj sont totalement prêts, si nécessaire, à éradiquer le complot (ndlr: l'opposition) et demandent instamment à l'autorité judiciaire de réagir fermement, sans aucune restriction, contre les comploteurs», déclare un communiqué diffusé sur le site internet de la télévision d'Etat.

Plusieurs personnalités proches du pouvoir ont déjà demandé lundi des sanctions judiciaires fermes et rapides contre les dirigeants de l'opposition à la suite des manifestations de dimanche. L'Organisation de la propagande islamique, qui orchestre les principaux rassemblements et manifestations officielles, a par ailleurs appelé à un grand rassemblement mercredi à Téhéran de la population «contre ceux qui n'ont pas respecté les valeurs de l'Achoura», allusion à l'opposition qui a profité de cette journée de deuil religieux chiite dimanche pour organiser ses manifestations.

16h15: La Norvège demande la libération des manifestants
La Norvège a condamné lundi la répression des manifestations. Le chef de la diplomatie norvégienne, Jonas Gahr Stoere a exhorté le régime iranien à «cesser immédiatement de recourir à la force et de procéder à des arrestations politiques. Tous ceux qui ont été emprisonnés de manière injustifiée doivent être libérés», a-t-il ajouté.

15h45: L’Europe et la Russie «inquiètes»

La Russie s'est dite «inquiète» lundi après les violences survenues dimanche en Iran et a appelé à la «retenue», alors que l'Union européenne a condamné la violence exercée par les autorités iraniennes contre des manifestants qui «tentent d'exercer leur liberté d'expression et leur droit au rassemblent pacifique ».

La présidence suédoise de l’UE est «inquiète» et rappelle que «la liberté d'expression et le droit au rassemblement pacifique sont des droits de l'Homme universels qui doivent être respectés (...) La force brutale à leur encontre et les détentions arbitraires de manifestants constituent une grave violation de ces droits de l'Homme».

L'Italie a pour sa part condamné «fermement la répression violente qui a causé la mort tragique, les blessures et l'arrestation de manifestants» en Iran, dont la situation est suivie avec «attention et inquiétude». Le ministre des Affaires étrangères italien a lancé un appel aux autorités iraniennes «pour que soit mis fin au plus tôt à la spirale de la violence et que soient respectés pleinement les droit civils et politiques du peuple italien».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Miliband, a de son côté qualifié lundi de «particulièrement troublant» le «manque de retenue» des forces de l'ordre dans la répression la veille des manifestations de l'opposition en Iran. David Miliband a salué le «grand courage» des manifestants.


15h: Un journaliste syrien arrêté
Les autorités iraniennes ont confirmé lundi l'arrestation d'un journaliste syrien de la chaîne de télévision Dubaï TV disparu dimanche à Téhéran.

Reza al-Bacha, âgé de 27 ans, avait disparu après avoir indiqué à sa famille par téléphone qu'il était bloqué dans le centre de Téhéran où se déroulaient de violents affrontements entre manifestants antigouvernementaux et forces de l'ordre.

Le bureau de la presse étrangère au ministère de la Culture et de la Guidance islamique, organisme de tutelle de la presse étrangère en Iran, «a confirmé» que le journaliste avait été arrêté, cependant ses collègues ne savent pas «qui l'a arrêté ni où il se trouve».

Selon la police, plus de 300 personnes ont été arrêtées dimanche. Les autorités interdisent en principe aux journalistes travaillant pour la presse étrangère de se rendre sur le lieux de manifestations de l'opposition. Mais celles de dimanche, non annoncées, ont éclaté simultanément en plusieurs endroits du centre ville.

Dubai media corporation (DMC), qui chapeaute les médias de l'émirat de Dubaï, a confirmé lundi la disparition d'un collaborateur de Dubai TV à Téhéran et affirmé qu'il n'était pas en mission lorsqu'elle a perdu le contact avec lui.


14h: Manifestations à Londres et Paris

Le Comité de Soutien aux droits de l'Homme en Iran a appelé à un rassemblement de solidarité avec le peuple iranien et contre la répression sanglante dans plusieurs villes, dont Londres et Paris. À Paris, ce rassemblement a lieu Place d’Iéna, de 14 heures à 16 heures.

L’association souhaite ainsi alerter les pays occidentaux et leur demande de cesser toute négociation et marchandage avec le régime iranien.

13h45: Arrestation de plusieurs personnalités de l'opposition
Les autorités ont arrêté lundi une série de personnalités de l'opposition, dont deux proches de l'ancien président réformateur Mohamad Khatami et trois conseillers de l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi.

Des policiers ont arrêté lundi matin Morteza Haji, ancien ministre et directeur général de la fondation Baran de Mohamad Khatami, et son adjoint Hassan Rassouli. Les services de sécurité ont également arrêté trois de principaux conseillers de l'ancien premier ministre Mir Hossein Moussavi.

Un autre site de l'opposition, Rahesabz, a fait état de son côté de l'arrestation lundi de plusieurs activistes moins connus de l'opposition réformatrice, dont un leader étudiant et le fils d'un ancien ministre de l'ex-président Khatami. Une figure de l'opposition libérale, le journaliste et défenseur des droits de l'Homme Emadeddin Baghi, a également été arrêtée lundi, selon Rahesabz. Ce dernier dirige l'Association iranienne pour la défense des droits des prisonniers, et a obtenu le Prix des droits de l'Homme de la République française en 2005 pour sa campagne en faveur de l'abolition de la peine de mort en Iran.

Des agents de sécurité ont par ailleurs investi lundi matin les bureaux du magazine féminin Irandokht dirigé par l'épouse de l'ancien président du parlement et candidat à l'élection présidentielle de juin dernier, Mehdi Karoubi. Ses ordinateurs ont été saisi, selon le site d'opposition Advarnews.

La police avait auparavant arrêté dans la nuit l'ancien ministre des Affaires étrangères iranien Ibrahim Yazdi, chef du MLI (Mouvement de Libération de l'Iran) et figure historique de l'opposition libérale au régime iranien, selon Rahesabz.

13h: Angela Merkel juge les violences en Iran «inacceptable
La chancelière allemande Angela Merkel a condamné lundi l'intervention des forces de sécurité iraniennes contre les manifestants dimanche. «Je condamne les récents affrontements violents en Iran, au cours desquels l'intervention inacceptable des forces de sécurité a coûté la vie à plusieurs personnes», a-t-elle déclaré dans un communiqué. «Que les proches des victimes soient assurés de ma compassion.»

Rappelant à l'Iran ses obligations liées au Pacte international relatif aux droits civils et politiques de l'Onu, signé et ratifié par Téhéran, elle a enjoint les autorités iraniennes de ne pas empêcher «la liberté d'expression des opinions par le biais de manifestations pacifiques» et de ne «pas les réprimer par la violence». Elle a appelé les dirigeants iraniens à «empêcher une nouvelle escalade et à chercher une solution pacifique aux querelles politiques internes» par le dialogue.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères français a jugé pour s apart que
«l'aggravation de la répression ne mène nulle part». «Une solution politique fondée sur le dialogue et le respect des principes démocratiques constitue la voie appropriée pour sortir de la situation actuelle», a-t-il ajouté.

12h: Le corps de Seyyed Ali Moussavi, neveu du leader d'opposition iranien Mir Hossein Moussavi introuvable

Seyyed Ali Moussavi a été tué lors des manifestations de dimanche à Téhéran, a disparu de l'hôpital où il avait été transféré, a indiqué lundi le frère de la victime à un site Internet d'opposition. «Le corps de mon frère a été emporté de l'hôpital et nous ne pouvons pas le retrouver», a déclaré Reza Mousavi. «Personne n'accepte de reconnaître avoir pris le corps, personne ne nous répond», a-t-il ajouté.

Selon sa famille, le neveu de 35 ans de l'ancien Premier ministre de l'imam Khomeiny a été tué par balle dimanche dans le centre de Téhéran lors des manifestations de l'opposition qui ont été violemment réprimées par les forces de l'ordre. Le chef de la police de Téhéran Azizollah Rajabzadeh a indiqué lundi à l'agence Ilna qu'«une enquête est en cours sur la mort du neveu de Moussavi», et que «ses résultats seront annoncés bientôt». Mir Hossein Mousavi, candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin, est devenu l'un des leader de l'opposition au président Mahmoud Ahmadinejad, constestant la légitimité de sa réélection lors d'un scrutin entaché, selon lui, de fraudes massives.

11h: Huit ou quinze morts après les manifestations de dimanche
Le nombre de victimes lors des manifestations antigouvernentales, dimanche, en Iran, reste incertain. Selon la télévision d'Etat iranienne en persan, plus de quinze personnes ont été tuées. Pour la chaîne en anglais de la télévision d'Etat Press-TV, citant un bilan du Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC), il y aurait huit victimes.

La télévision d'Etat iranienne, citant le ministère des renseignements, parle de cinq victimes de «groupes terroristes» et «plus de dix» appartenant à des «groupes antirévolutionnaires».


>> Regardez une vidéo amateure des affrontements de dimanche



Les sites internet de l'opposition avaient recensé au moins cinq morts, dont quatre par balles, lors des émeutes de dimanche.
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