Le blogueur Sattar Beheshti, critique à l'égard des dirigeants iraniens, est mort en prison à Téhéran le 6 novembre, selon sa famille et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme. Il avait été arrêté à son domicile le 30 octobre au sud-ouest de Téhéran, et emmené à la prison d'Evin, pour «propagande contre le régime» en raison de ses activités sur Facebook et sur le Net.
Les proches de cet ouvrier de 35 ans ont reçu un appel des autorités de la prison, mardi, leur demandant de venir récupérer le corps, selon le blog Nouvelles d’Iran.
Sur son blog personnel, Sattar Beheshti se montrait critique envers la répression, la corruption des responsables politiques et les violations des droits de l'homme en Iran. Dans son dernier post de blog, il écrivait: «Si votre devise est “Nous allons vous arrêter, vous torturer, pour vous réduire au silence et vous priver de toute information”, gardez-la pour vous-mêmes. Notre devise est la suivante: “Nous avons pris position face à l’oppression, notre liberté sera obtenue par nos luttes et nous nous lèverons jusqu’à la fin de votre injustice”. Vive l’Iran et les Iraniens, que ma vie soit sacrifiée pour la liberté en Iran.»
Selon le site d’opposition Kaleme, Sattar Beheshti avait déposé une plainte le 1er novembre à cause des tortures qu'il avait subies pendant ses premiers interrogatoires. «Pen
Le ministère des Affaires étrangères français a appelé jeudi les autorités iraniennes à «faire toute la lumière» sur les circonstances de sa mort, ajoutant que la «détérioration croissante des conditions de détention, récemment dénoncée par 33 prisonnières de la prison d’Evin, constitue une source de préoccupation majeure pour la France».
Amnesty international a appelé dans un communiqué l'Iran à ouvrir «immédiatement» une enquête sur la mort du blogueur, notamment afin d'établir s'il est mort des suites de tortures. L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a publié un communiqué demandant aux responsables iraniens d'enquêter sur cette affaire et de rendre publics les résultats.