Iran: derrière le ton belliqueux, Netanyahu garde ses options ouvertes

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Publié le 11 septembre 2012.

Par son discours va-t-en-guerre sur le nucléaire iranien, qui agace jusqu'à son allié américain, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu habille ses difficultés à lancer unilatéralement une frappe unilatérale contre Téhéran, estiment des analystes.

M. Netanyahu demande sur tous les tons à l'administration Obama d'imposer une "ligne rouge" à Téhéran pour l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire, ce que Washington a refusé de faire, déclenchant de vifs échanges entre les deux alliés.

Mais, selon les experts interrogés par l'AFP, cette rhétorique belliqueuse ne signifie pas forcément qu'une opération militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes est imminente.

"Netanyahu a décidé de ne pas attaquer avant l'élection présidentielle (américaine) parce que c'est politiquement impossible en raison de l'opposition des Américains et de l'establishment israélien", assure Shlomo Brom, chercheur à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) de l'université de Tel-Aviv.

"Il cherche surtout un moyen de préserver son prestige en s'efforçant de convaincre l'opinion publique israélienne qu'il n'est pas dupe", et qu'il est capable de résister aux pressions occidentales, explique M. Brom.

"Je pense que tout ça permet à Netanyahu de se ménager une porte de sortie", conclut-il.

Une stratégie payante ?

Eytan Gilboa, professeur de science politique à l'université de Bar-Ilan, est aussi d'avis que M. Netanyahu et son ministre de la Défense Ehud Barak ne peuvent mettre à exécution les menaces israéliennes de frapper les sites nucléaires iraniens sans le feu vert des Etats-Unis.

"Je ne pense pas qu'Israël dispose d'une option militaire sans la bienveillance des Etats-Unis. En fait, Netanyahu est déçu de ne pas obtenir d'engagement plus explicite de leur part", opine ce spécialiste des relations israélo-américaines.

"Peut-être qu'une des conséquences espérées de cette joute verbale en public est simplement de forcer les Etats-Unis à être plus explicites, plus précis et plus déterminés à stopper l'Iran", s'interroge-t-il.

Selon le quotidien de gauche Haaretz, citant une source israélienne anonyme, un émissaire du gouvernement britannique s'est rendu en Israël il y a une quinzaine de jours pour transmettre "un message très ferme du Premier ministre britannique David Cameron contre une attaque israélienne non coordonnée en ce moment".

"Ce message, qui s'ajoute à la récente conversation téléphonique entre Netanyahu et la chancelière allemande Angela Merkel et aux remarques publiques de hauts responsables américains ces dernières semaines ont affecté l'attitude de Netanyahu et Barak sur le dossier iranien", a expliqué la source du Haaretz.

"Le poids combiné des messages en provenance des pays occidentaux semble avoir refroidi l'enthousiasme des deux hommes (Netanyahu et Barak)" à lancer une attaque unilatérale, a-t-elle ajouté.

"Bibi" Netanyahu semble persuadé que faire pression sur le président Obama est une "stratégie payante", relève pour sa part le politologue Mark Heller, de l'université de Tel-Aviv, en assurant qu'il "préférerait de loin que les Américains parviennent à contraindre l'Iran à faire marche arrière plutôt que de laisser cette tâche à Israël".

© 2012 AFP
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