Un premier pas vers le retrait des troupes américaines en Irak

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Publié le 30 juin 2009.

DEFENSE - Elles passent ce mardi la main aux Irakiens pour assurer la sécurité dans les villes...

Les Américains passent ce mardi la main aux Irakiens pour assurer la sécurité dans les villes. Une étape cruciale avant le retrait des troupes d'ici à 2011, comme prévu par l'accord de sécurité signé en novembre par Bagdad et Washington. Ce transfert sera aussi un test pour juger de l'efficacité des forces irakiennes. Les célébrations ont commencé dès lundi, avec des mesures de sécurité exceptionnelles. Lors d'une cérémonie dans la capitale, les Américains ont remis une clé symbolique aux Irakiens pour leur restituer l'ex-ministère de la Défense, occupé par les GI's depuis 2003. Les voitures de police étaient ornées de rubans et des banderoles étaient érigées avec ces mots : «Irak: ma nation, ma dignité, mon honneur.»

Le chômage touche 70 % de la population

Six ans après le début de l'intervention américaine en Irak, au motif de trouver «des armes de destruction massive» inexistantes, la population considère cette étape comme un pas vers la reconquête de leur souveraineté. «Je suis heureuse qu'ils partent. L'invasion américaine était une erreur depuis le début», confie à 20 Minutes Houzan Mahmoud, porte-parole de l'Organisation pour la liberté des femmes en Irak. Elle ne décolère pas contre les «dégâts» qu'ont causés, selon elle, les Américains: «Ils ont tué des dizaines de milliers de gens et alimenté le terrorisme. Le chômage touche 70 % de la population, un tiers vit sous le seuil de pauvreté, il y a des millions de veuves et des femmes se prostituent pour s'en sortir.» Elle estime que les Etats-Unis ne partiront jamais vraiment du pays. «Ils auront toujours des bases militaires. Leur présence perdurera aussi à travers le gouvernement de marionnettes qu'ils ont mis en place.»

Pierre-Jean Luizard, auteur de Comment est né l'Irak moderne (CNRS Editions), renchérit: «Il restera toujours des dizaines de milliers de soldats américains. Sans compter les mercenaires des sociétés privées de sécurité [aussi nombreux que les soldats de l'armée régulière en 2007], qui vont rester.» Le chercheur redoute en outre qu'une fois les Etats-Unis partis, le calme relatif, «obtenu en achetant d'ex-insurgés contre l'engagement de lutter contre Al-Qaida», ne vole en éclats. «La guerre est loin d'être finie», conclut-il. 

Faustine Vincent
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