IRAK - Alors qu'il termine sa tournée européenne, le président américain s'est invité dans la capitale irakienne le temps d'une visite éclair...
Il va remonter le moral des troupes. Le président américain Barack Obama est arrivé ce mardi à Bagdad pour une visite surprise. Il s'agit de la première depuis son élection, alors que l'Irak connaît depuis plusieurs semaines un regain de violences.
Le président américain a estimé mardi que les «18 prochains mois» pourraient être «critiques» en Irak, alors que le gros des troupes américaines doit avoir quitté le pays d'ici fin août 2010. «
Il est temps pour nous de transférer (le contrôle, ndlr) aux Irakiens. Ils ont besoin de prendre les rênes de leurs pays», a-t-il ajouté.
Le président américain Barack Obama a ensuite assuré le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki que les troupes américaines se retireraient d'Irak aux dates prévues, soit avant la fin 2011, a indiqué un conseiller du chef du gouvernement irakien.
Une visite sous haute surveillance
Le président est arrivé peu après 14h30 à l'aéroport international de Bagdad. «Air force one s'est posé à l'aéroport international de Bagdad sous haute surveillance»,
explique le New York Times, «les militaires avaient fermé l'aéroport et sécurisé les routes de la capitale». Il s'est rendu immédiatement en convoi au Camp Victory, la plus grande base militaire américaine du pays, mitoyenne de l'aéroport de la capitale, pour y rencontrer le commandant en chef des forces américaines en Irak, le général Ray Odierno, et distribuer dix médailles à des soldats.
Mais, en raison des mauvaises conditions météorologiques qui l'empêchent de rejoindre le centre de Bagdad en hélicoptère, Barack Obama ne doit avoir que des conversations téléphoniques avec le Premier ministre Nouri al-Maliki et le président Jalal Talabani, selon un porte-parole de la Maison Blanche.
Son prédécesseur George Bush avait également effectué une visite surprise auprès des troupes à Bagdad en 2006, à l'issue d'une réunion à Camp David sur la situation en Irak.
Un regain de violences
Ces deux dernières semaines, le nombre d'attentats à la bombe est passé de 69 à 103, les explosions de véhicules piégés de 4 à 10 et les tirs d'armes automatique de 32 à 43. Les tirs de mortier sont aussi en progression, selon des sources au sein des services de sécurité irakiens. Lundi, six voitures piégées ont explosé en quelques heures dans la capitale irakienne, dans des quartiers majoritairement chiites, tuant 34 personnes et en blessant près de 130.
Cette série d'attentats a rappelé les pires heures des violences en 2006 et 2007. Mardi matin, un attentat à la voiture piégée dans le quartier chiite de Kazamiyah, dans l'ouest de Bagdad, a fait au moins huit morts et 20 blessés. Par ailleurs, au moins quatre attentats suicide ont fait 30 morts en moyenne en mars à Bagdad.
Fin mars, le président américain avait annoncé qu'il n'entendait pas accélérer le retrait des troupes d'Irak, estimant que, si les choses évoluaient «dans la bonne direction», le pays avait encore besoin de l'aide des Etats-Unis. «Nous avons encore beaucoup à faire, nous devons encore former les forces irakiennes pour qu'elles améliorent leurs capacités», avait estimé Barack Obama. De son côté, le commandement américain en Irak s'est toujours montré prudent en rappelant que le réseau Al-Qaïda, même affaibli, conservait sa capacité à mener des opérations à grande échelle.
MD (Avec agence)